Pourquoi ATT doit rapidement privatiser la Cmdt
Le 8 juin dernier, à l’occasion de sa prestation de serment, le président réélu, Amadou Toumani Touré, a fait venir de l’eau à la bouche de beaucoup de Maliens lorsqu’il a dit que les choses doivent changer - à commencer par la mentalité et le comportement - et que le décollage économique était à portée de mains. Faut-il comprendre qu’en s’exprimant de la sorte, le premier des Maliens s’apprête en premier lieu à fermer les yeux et à prendre des décisions courageuses, quitte à faire couler des larmes ? Relancer l’économie nationale suppose malheureusement des actes comme la privatisation d’entités comme la Cmdt par exemple, selon certains experts.
Les experts sont quasi unanimes : à la Cmdt , c’est le pis aller. Le désormais géant aux pieds d’argile de l’économie malienne croule sous le poids des déficits. L’année qui s’annonce sera dure, très dure, à moins que le processus de privatisation ne soit conduit à terme d’ici là.
En février 2008, prévoient des milieux financiers dignes de foi approchés par nos soins, le déficit cumulé du géant cotonnier du Mali pourrait atteindre ou dépasser les 27 ou 28 milliards de nos francs voire 40 ou 41 milliards, si les partenaires comme la Comatex , Fitina et autres ne se mettaient à jour vis-à-vis de leurs dettes. Ce qui plongerait davantage dans les abysses de l’embarras l’Etat malien dont elle est restée accrochée aux basques depuis 1986, parce que battant de l’aile.
Plus grave, la Cmdt , à en croire les mêmes sources, emprunterait auprès d’un pool bancaire pas moins de 40 milliards bon an mal an depuis un certain temps, pour des besoins bien précis en principe, car liés à la campagne agricole ou à l’acquisition des intrants. Mais, il reste à souhaiter que cette manne n’ait pas servi à couvrir des dépenses qui, dans le contexte actuel, sont simplement considérées comme prestigieuses, parce que liées aux fonctionnements de la structure.
Aujourd’hui, il apparaît, toujours à en croire nos experts, que la Cmdt est devenue un sable mouvant pour l’Etat malien qui aurait toutefois le mérite de prendre la décision politique de faire à temps utile ce qui est incontournable, à savoir : la privatisation des usines d’égrenage. A suivre
Sory Haïdara