Fatoumata Sankaré, Présidente du Parlement des enfants du Mali

Publié le par lechallenger

‘’Il  faut qu’on passe des discours aux actions concrètes’’

 

C’est le message fort que Fatoumata Sankaré a adressé aux autorités maliennes lors de la célébration de la Journée de l’enfant africain.

 

Pour la Présidente nationale du Parlement des enfants, le phénomène de la mendicité des enfants talibés et d’autres catégories d’enfants est une forme d’esclavage moderne en ce 21ème siècle. Les enfants continuent de souffrir des pires formes de maltraitance, malgré les efforts du gouvernement, affirme-t-elle sans ambages. La présidente nationale du Parlement des enfants cite entre autres abus, la négligence, l’exploitation économique et sexuelle et surtout la non application des textes juridiques.

 

 C’est pourquoi elle souhaite, avec la complicité de leur cher ami à la tête du Mali, que les années à venir soient davantage consacrées à la promotion et à la défense des droits des enfants.

 

Elève au lycée technique de  Bamako, Fatoumata Sankaré qui  n’a que 15 ans rêve d’un Mali dans lequel tous les enfants seront à l’école et non dans la rue. Elle nous livre ses impressions dans l’entretien ci-dessous.

 

Sous quel signe placez-vous cette Journée de l’enfant africain ?

 

Je dirai que cette journée est très importante dans la vie d’un enfant, surtout d’un enfant africain. C’est une journée de commémoration du massacre des enfants de Soweto. C’est également une journée de crise de conscience face au non respect de certains de nos droits et l’occasion de voir ce qui a été fait et ce qui reste à faire. C’est aussi une journée d’interpellation de l’ensemble des autorités impliquées dans la mise en œuvre de tous les textes juridiques dans le domaine de l’enfance.

 

Quelle est la situation actuelle des enfants au Mali ?  

 

Nous avons vraiment un gouvernement dynamique et un président de la République , notre cher ami, qui est là pour nous. Mais, malgré leurs efforts, beaucoup de choses restent à faire. Par exemple, contre le phénomène de la mendicité des enfants. Sur le plan de l’éducation, on déplore que les professeurs retiennent des notes, que des bacheliers ont composé sans connaître leurs notes de classe.

 

Donc, nous n’avons pas mal de problèmes. Des enfants sont exploités sexuellement et économiquement dans le secteur de l’agriculture, dans d’autres secteurs et même au niveau des familles. Il existe des problèmes auxquels tout le monde doit faire face. Ce n’est pas le problème de l’Etat seulement mais le problème de l’ensemble de la population du Mali

 

Vous êtes la Présidente du Parlement des enfants. Qu’est-ce que votre structure a fait pour lutter contre ces différentes pratiques ?

 

 Le parlement des enfants est une tribune d’interpellation et de plaidoyer auprès de toute personne qui peut intervenir dans notre domaine. En choisissant le thème ‘’la lutte contre la traite des enfants’’, on a fait un grand pas. En dehors de la célébration de la Journée de l’enfant africain, le parlement a initié des conférence - débats, des séances d’information et de sensibilisation dans l’ensemble des régions, des émissions radiophoniques et surtout l’interpellation directe du président de la République sur le phénomène de la mendicité des enfants.  

 

Vous avez dit que le président de la République est votre cher ami. Lui-même n’a eu de cesse de le répéter dans ses différentes interventions. Quel appel avez- vous à lui lancer afin qu’il prenne davantage en compte la situation des enfants ?

 

Comme je viens de le dire dans la salle, il est notre cher ami. Quelqu’un qui te dit qu’il est ton ami, c’est qu’il est réellement ton ami. C’est nous qui avons eu la chance d’avoir notre cher ami à la magistrature suprême de notre pays. Et pour cela, il faut qu’on passe des discours aux actions concrètes.

 

L’enfant est une couche très vulnérable, très sensible. Pour cela, les discours ne règlent rien. Il faut des engagements et des volontés politiques pour que nous ne souffrions plus de la maltraitance, des violences, de la malnutrition…

 

Entretien réalisé par Chiaka Doumbia

 

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