Haro sur l’ignoble traite des tout-petits!
En souvenir du massacre de Soweto en Afrique du sud en 1976, les enfants du Mali ont célébré samedi dernier, la Journée de l’enfant africain. C’était au Centre international des conférences de Bamako sous la haute présidence du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré.
Outre le Président de la République , on notait la présence du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, de la ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Diallo M’Bodji Sène, de la présidente du Parlement des enfants, Mlle Fatoumata Sankaré, du représentant de l’Unicef au Mali, Marcel K Rudasingwa, du rapporteur des experts africains sur les droits et le bien-être de l’enfant, Dr Moussa Sissoko, des membres du corps diplomatique et plusieurs autres invités.
Cette année, le thème retenu pour célébrer cette journée était ‘’la lutte contre la traite des enfants’’. Le choix de ce thème se justifie par le fait que malgré la ratification par les gouvernements africains de nombreux instruments juridiques, les enfants continuent d’être victimes de violence, d’abus, d’exploitation et de négligence.
Dr Moussa Sissoko a dénoncé la traite des enfants qui constitue un phénomène inhumain et dégradant. C’est un phénomène transfrontalier qui nécessite une synergie d’action, a-t-il souligné.
Selon le président de la Coalition malienne des droits de l’enfant, Mahamadou Lamine Cissé, il existe actuellement au Mali une véritable mobilisation autour de la lutte contre la traite des enfants. Pour combattre le phénomène, il propose entre autres de renforcer les contrôles aux frontières, accroître les offres d’éducation, de formation et d’insertion économiques des enfants, surtout des filles, étendre les actions de lutte contre la traite des enfants à toutes les régions du Mali.
Mantala Traoré, représentant - assistant du Fonds des Nations unies pour la population a annoncé le lancement d’un projet sur les filles migrantes et les filles mendiantes. Ce projet va non seulement soutenir les efforts du gouvernement mais aussi sensibiliser la population pour la prise en charge de cette couche vulnérable.
Pour la présidente nationale du Parlement des enfants, la célébration de la Journée de l’enfant africain revêt une importance capitale. Car, dit-elle, au-delà de son aspect symbolique, cette journée est une occasion de prise de conscience face au non respect des droits des enfants, mais offre aussi l’opportunité de faire le bilan des acquis et de jeter un regard critique sur l’avenir.
Tout en saluant les efforts consentis par l’Etat pour la réalisation des droits de l’enfant, elle dira que l’enfance continue de souffrir de diverses formes de maltraitances.
Pour Marcel K. Rudasingwa, représentant de l’Unicef au Mali, la traite des enfants est une violation des droits de l’enfant. Les conséquences de cette violation sont si néfastes qu’elles constituent un obstacle majeur à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement, a-t-il souligné.
Mme Diallo M’Bodj Sène, ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille a affirmé que le thème ‘’lutte contre la traite des enfants’’ interpelle aussi bien les zones d’origine de transit, de réception que la communauté toute entière. Selon elle, les causes du phénomène sont multiples. Elles vont de la pauvreté des ménages au manque d’éducation des enfants en passant par le mariage précoce ou forcé, la recherche d’emplois rémunérés, l’ignorance des parents, le désir de migrer, la mendicité des enfants.
Quant aux conséquences, elle dira qu’elles sont nombreuses, graves et concernent aussi bien les enfants, les familles que la communauté et tout le pays. L’élimination complète du fléau de la traite a constitué et constitue plus que jamais une priorité pour le gouvernement, a-t-elle conclu. Pour le président de la République , il faut continuer à informer, sensibiliser et surtout éduquer. Le gouvernement va prendre toutes les dispositions pour la protection des enfants, a martelé ATT. Outre ces différentes interventions, cette cérémonie a enregistré la présentation de sketch et chant de ‘’Fooli Percussion’’ sur la mendicité des enfants et une prestation de la ‘’troupe Dôka’’.