ENTRE NOUS Le scrutin sannonce difficile
Nous ne sommes pas en 1997 et le président en fonction, candidat à sa propre succession, n’est pas Alpha ; nous vivons bel et bien en 2007, et c’est ATT qui travaille et dort à koulouba. Mais, comme en 1997, beaucoup d’inquiétudes pèsent sur le scrutin électoral de la fin de ce mois d’avril. L’exigence du Fdr à faire auditer, coûte que coûte, le fichier électoral, le retrait à pas de tortue, des cartes d’électeurs, sont révélateurs du climat pourri qui menace la fête démocratique tant attendue. Et pourtant, c’est bien le 29 avril 2007 que le collège électoral est convié pour une élection, possible au premier tour, du président de la république du Mali. Dans la foulée, les camps en présence fourbissent leurs armes et chacun croit en son programme, ses arguments pour convaincre, sa méthode pour y parvenir. Du candidat de l’Adp, ATT, à celui du PPP de Madiassa Maguiraga, en passant par le Parena de Tiébilé Dramé, du Rpm d’IBK, de C-2007 de Soumeylou B Maïga, de
Les apparitions publiques physiques sur le terrain alternent avec les débats sur les antennes des deux supports audiovisuels que sont l’Ortm et Africable, si ce n’est tout simplement sur Rfi ou Bbc. Au même moment, la population s’amuse tantôt de ce qu’elle entend, grogne tantôt, mais…chut !!! Ne le répétez à personne : ‘’en sourdine’’. Privée sans doute des ‘’gentillesses’’ auxquelles elle s’est habituée et qu’on vient d’interdire ?
En tout cas, la quasi-totalité des populations du District de Bamako entonne le même refrain : la campagne 2007 est morose et les plus pessimistes vont jusqu’à dire qu’on ne sent rien depuis le coup d’envoi du dimanche 8 avril. Sauf peut-être les sérigraphes, commerçants revendeurs de thé et sucre, encore que ce n’est pas comme naguère. Mêmes les pagnes qu’on distribuait allègrement aux femmes, ingrédients essentiels des meetings et fêtes des périodes électorales, se font désirer. Tout le monde tourne en rond. Une question taraude les esprits : comment en sommes- nous arrivés-là, s’interroge-t-on. Une ‘’sécheresse’’ due à la restriction du nombre des alpinistes de Koulouba? En tout cas, la galère joue négativement sur l’atmosphère de campagne qui aurait dû être celle de la fête. Les veillées d’antan au cœur des Etats-majors des partis politiques, les sorties tonitruantes des différentes troupes dans les artères des villes, rien de tout cela.
A Kayes, Kidal, Mopti, Ségou, Sikasso, Tombouctou, Gao, le constat est identique. Idem pour la circonscription électorale de Bamako. Le premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, sans savoir ou le vouloir, s’est laissé trahir par un énorme désarroi. C’était mardi dernier au cours de sa descente sur le terrain pour tâter le pouls des mairies des communes de la capitale. Il en a eu pour sa dose de déception. A dix jours du scrutin, seulement 15% des habitants de la capitale se sont acquittés de leur devoir civique. Mais le pire dans l’affaire est que le Front pour la démocratie et la république ne désarme toujours pas. Il tient, comme à la prunelle de ses yeux, à l’audit du fichier électoral. Quelle attitude prendra-t-il au cas où le gouvernement du Mali rejettera son exigence ? Boycotter le scrutin ? Ce serait un suicide dans la mesure où rien ne dit que les candidats comme Oumar Mariko, Madiassa Maguiraga et Diallo Aminata Diallo suivront le Front dans sa prétention de faire auditer le fichier. Prendra-t- il le scrutin en otage ? Si tel était le cas, comment s’y emploiera- t –il ?
Autant de questions qui méritent réponses et qui font que les Maliens, désarmés par tout ce qui se passe ces derniers temps, s’interrogent. A ce rythme, combien d’entre nous sortirons pour élire ou réélire l’homme qui régnera sur notre destinée les cinq prochaines années ?
Sory HAIDARA