entreNous Faut- il croire en ATT ?
Dans exactement deux petites semaines et trois jours, les Maliens - pas tous, mais les citoyens - se rendront aux urnes pour choisir celui ou celle qui présidera aux destinées de leur pays pour les cinq prochaines années. Formellement depuis dimanche, les prétendants occupent déjà l’arène, chacun y allant de sa profession de foi, de ses idées pour un Mali fort et stable où il y ferait mieux vivre.
Au nombre des exposants - à tout seigneur tout honneur- le président sortant, candidat à sa propre succession. Il sillonne le pays, rencontre ses compatriotes, serre les mains, échange, cherche à les convaincre. Le Mali qu’il chérit et pour lequel il a renoncé à sa vie, un soir de 26 mars peut redevenir un grand pays où tout est possible. Il y croit et jure la main sur le cœur qu’il y parviendra. Faut-il le croire ? En une petite semaine, Amadou Toumani a fait deux sorties dans la perspective de la campagne de la présidentielle du mois d’avril. La première à travers une lettre adressée aux Maliennes et aux Maliens, la seconde au Centre international des conférences de Bamako, à l’occasion du lancement de son programme 2007 – 2012. A l’analyse, il ne fait l’ombre d’aucun doute que ce nouveau mandat est précieux pour lui. Non pas pour régler des comptes à concitoyens qui ne souffleraient plus dans la même trompette que lui. Mais certainement pour porter un grand coup de gomme à la manière avec laquelle il a géré les affaires tout au long des cinq dernières années. Beaucoup de choses restent à faire comme il l’a reconnu lui-même dans son discours dimanche dernier au lancement de sa campagne. Loin de s’attarder sur les réalisations de sa gouvernance consensuelle, le président candidat a donné l’impression de quelqu’un qui a envie de faire plus et mieux.
Mais de la façon qu’il s’exprime, l’homme qui revient solliciter le suffrage de ses compatriotes fait couler de la sueur froide dans le dos des ‘’opportunistes prédateurs’’ qui ont honteusement exploité son nom et sa confiance au point d’entacher sa réputation et de la fragiliser. On comprend volontiers pourquoi ce beau monde s’agite fébrilement depuis le fameux discours.
Dans une longue et sage introspection, le président ATT a dû se convaincre qu’aucun Mali n’est possible tant que certains maux persisteront. Il aura beau construit des millions de logements sociaux à travers le pays, tracé des routes, construire des écoles, hôpitaux, créé des conditions pour faire reculer un tant soi peu la pauvreté, drainé des millions de tonnes de céréales de l’extérieur, aménagé des millions d’autres terres cultivables, des Maliens, nombreux et pas forcément bruyants, d’ici ou d’ailleurs, continueront à lui en vouloir, tant qu’il ne prendra pas le taureau par les cornes, au nom de la justice sociale, de l’ordre républicain.
Les Maliens, nous ne nous lasserons jamais de le dire, attendaient le héros de
Par Sory Haïdara