Célébration du Maouloud à Ségou
Cheick Mohamed Hassim Haidara, un homme à part !
‘’Si je n’assiste pas au Maouloud de ‘’Shékou’’ c’est-à-dire le maître des maîtres entendu ici Cheik Mohamed Hassim Haidara, c’est comme si j’ai commis un pêché. Je tombe malade. Rien ne marchera pour moi le reste de l’année. Mieux, dès l’annonce de l’événement, tout le monde est mobilisé dans les villages pour payer les cotisations. Payer la cotisation de ‘’Shékou’’ pour celui qui sait, revêt une importance capitale. Tu es sauvé ici-bas mais aussi dans l’au-delà.’’
Ces propos sont de Mariam Traoré, une sexagénaire qui a eu la chance de se trouver parmi les nombreux participants au Maouloud de Cheik Mohamed Hassim Haidara.
Cheik Mohamed Hassim Haidara, 58 ans, est un grand marabout originaire de la région de Ségou. Il vit au quartier Hamdallaye A, entouré d’une famille nombreuse composée de ses femmes (trois au total), ses enfants, ses frères et sœurs, ses neveux et cousins, ses disciples etc.
Chez lui, deux grands évènements sont célébrés dans l’année. Le premier, ‘’Maouloud’’ ou fête anniversaire de la naissance du prophète (Psl !) se tient presque chaque année au même moment et le ‘’Ziara’’ qu’il fête 20 jours après chaque ramadan.
À l’occasion de ces événements, le Maouloud pour ce cas précis, les fidèles musulmans venant d’un peu partout, de la région de Ségou comme du continent, prennent d’assaut son domicile. Qui pour prier, pour avoir sa grâce. Une véritable fête de vénération. Une très grande mosquée est construite au milieu de la cour. Une semaine à l’avance, les fidèles commencent à affluer. Des dispositions sont prises pour s’occuper de tout le monde. Le maître des lieux a déjà prévu à manger, à boire pour tous les participants.
Pour le logement, les voisins aussi sont mis à contribution. Certains fidèles, les plus nantis, prennent en charge les frais d’hôtels d’autres co-réligionnaires.
Au-delà, un véritable marché est installé dehors. On y vend un peu de tout. De la nourriture comme des articles ménagers.
A notre question de savoir pourquoi un marché dans un lieu de prière, l’homme de science nous a répondu avec un air d’humour ‘’je n’ai jamais rien acheté ni même vendu’’
Chacun se donne une occupation. Certains pour cuisiner, d’autre pour servir ; d’autres encore font des vas et vient ; d’autres sont couchés à même le sol. Des mendiants défilent entre ce beau monde. Pendant ce temps, le chef est installé en haut, dans son appartement, en attendant le début de l’événement. D’ailleurs, ce moment est attendu par tout le monde. Avant, quelques uns ont eu le privilège de le voir et nous faisons partie de ceux-là. Ce qui se passe est extraordinaire. Rien qu’à le toucher pour certains, le bonheur est assuré. Certains massent ses doigts, ses mains et pieds. D’autres, éventail en main, donnent de l’air frais. A l’annonce de sa descente, les fidèles se ruent dans les escaliers. Il est soulevé d’office jusqu’à la chaise royale. Certains profitent pour s’enduire le visage avec les postillons du Saint homme.
Cette force de mobilisation, il la tient d’après ses dires, de son père, Cheik Mansour Haidara. Ce dernier est décédé il y a une dizaine d’années et sa tombe se trouve à l’intérieur de la cour. Ce dernier aussi l’a hérité de son père Sidi Ibrahima Haidara c’est-à-dire le grand père de Hassim, communément appelé « Niaro Karamoko». Il est enterré au cimetière de Ségou.
Selon les propos du Cheik, Mansour Haidara son père, a entendu parler lors d’un pèlerinage à
BINTA GADIAGA