Grève de 72 heures à la douane

Publié le par lechallenger

Une autre épée de Damoclès sur l’économie nationale !

 

Pardonnez moi ma rude franchise…

 

Conformément à leur préavis de grève déposé il y a deux semaines, les gabelous ont respecté le mot d’ordre de leur section syndicale. Hier, premier jour d’une grève prévue pour durer 72 heures, les agents des douanes ne se sont pas rendus à leurs lieux de travail. Joint au téléphone, le secrétaire général de la section syndicale, Yacouba Katilé très satisfait, parle d’un taux de réussite de la grève à hauteur de 100%. En dehors du service minimum assuré, tout tourne au ralenti dans un secteur considéré comme l’un des poumons de l’économie nationale

 

Aux bureaux des douanes de Faladié où nous nous sommes rendus hier mercredi 21 mars, les locaux sont restés déserts toute la journée. La cour, généralement bondée de monde, ne connaît plus son animation habituelle. On y apercevait ainsi que dans les alentours les quelques camions remorques, probablement venus des différents ports. Pas un gabelou en vue, en dehors de quelques vigiles ‘’pointés’’ ça et là. Même ceux qui assurent le service minimum étaient curieusement invisibles à notre passage.

A la direction générale, le service minimum était assuré par des agents apparemment pensifs. Au niveau de nos frontières, l’arrêt de travail est observé à 100% nous a affirmé le secrétaire général de la section syndicale des douanes, Yacouba Katilé. Joint au téléphone, Katilé nous confie qu’il appelle toutes les 20 minutes ses bases de l’intérieur pour se convaincre du suivi du mouvement. Pour lui, tout est bien calé pour une paralysie qui ne dit pas son nom d’une économie déjà trop éprouvée par des crises successives. Apparemment satisfait, c’est un Yacouba Katilé confiant en ses troupes qui accuse le gouvernement d’afficher une mauvaise volonté dans cette affaire. ’Depuis lundi dernier, conformément à la loi, une commission de conciliation a été mise en place. Mais, nous avons constaté que le gouvernement ne veut rien faire. ….’’

 

Car, pour lui, les gabelous ne cherchent que le minimum auquel ils ont droit. Rappelons que le point de discorde entre les gabelous et le gouvernement est relatif à seize points de revendications qui concernent entre autres ; l’intégration dans la fonction publique des agents contractuels; le statut du personnel de la douane et du plan de carrière et la restauration du corps des préposés, la formation et le perfectionnement du personnel, la prise en charge du personnel, la protection des agents des douanes dans l’exercice de leurs fonctions, la dotation en uniforme, les fonds d’équipement de lutte contre la fraude, l’évaluation de la mutuelle des douanes.

Les grévistes comptent aller jusqu’au bout de leur logique si la partie gouvernementale ne revoie pas sa copie. Après cette grève de 72 heures, le syndicat n’exclut pas d’entrer dans la logique d’une grève illimitée à l’instar des enseignants du supérieur. Si cette option venait à s’avérer, c’est dire que notre fragile économie qui dépend à hauteur de 50% des revenus des douanes risque fort de prendre un coup.

 Avec les stigmates de la crise ivoirienne, celle relativement ouverte en Guinée d’où provient une importante quantité de nos importations, les difficultés liées à la subvention qu’accordent certains pays occidentaux à leurs cotonculteurs, le renchérissement du prix de certains produits, les crises alimentaires à répétition …l’économie malienne est vraiment éprouvée. Mais, en  ce qui concerne le débrayage des gabelous, le gouvernement n’a apparemment rien fait pour l’empêcher. Habitué qu’il est à jouer aux pompiers.

 Alhassane H. Maïga

 

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