ENTRE NOUS 331
Dans deux petits mois !
Cinquante huit jours exactement, c’est le temps qui nous sépare du coup d’envoi officiel de la campagne présidentielle d’avril 2007. De plus en plus, chaque minute s’avérera précieuse pour les protagonistes qui ne font plus mystère de leur détermination à réaliser leurs objectifs. Chacun y met du sien. Chacun se battra avec ses atouts, son aura, ses savoir et savoir-faire, sa moralité, sa culture politique, son éducation et j’en passe.
Annoncées pour le 9 avril, la campagne consistera pour les uns à mettre l’accent sur les réalisations et pour les autres sur les échecs et autres insuffisances. Le topo est le suivant : pendant que certains préconisent et oeuvrent pour que le débat s’éloigne des caniveaux et prenne de la hauteur, pour d’autres, hélas, la fin justifie les moyens. Ainsi, à tout seigneur tout déshonneur, les princes du jour se croient tout permis avec les hommes et les moyens de l’Etat. A se demander ce qu’ils auront encore à dire à l’ouverture officielle de la campagne.
Reste que les profanes qui pensent pouvoir atteindre le résultat escompté en se contentant de brasser du vent. Ils se trompent sans aucun doute. Mieux, le pouvoir sortant est bien conscient qu’il ne devrait pas au contraire badiner avec les forces en face. Ces hommes et femmes savent ce qu’ils veulent et où ils vont : Ibrahim Boubacar Kéïta, Soumeylou Boubèye Maïga, Mamadou Blaise Sangaré et Tiébilé Dramé. Des cracks tirant de gros attelages politiques : le Rpm, Convergence 2007, le Parena et
Le président ATT, pour se mettre à l’abri d’une désagréable surprise au soir du dimanche 29 avril, a de sérieuses raisons de prendre au sérieux la remarque faite voilà quelques jours sur le terrain par le gourou du Mouvement Citoyen, Djibril Tangara. Lequel demandait, on se rappelle, aux militants de sortir massivement le jour du scrutin pour se rendre aux urnes au lieu de promettre une hypothétique victoire au premier par la seule incantation du ‘’takokelen’’. Les choses ne seront pas faciles pour ATT dans la mesure où ses adversaires, dont des alliés d’hier, estiment qu’il a atteint ses limites. Et, plus grave, qu’il se dédirait en voulant rempiler puisqu’il a promis et juré qu’il venait réconcilier, le temps d’un mandat, ses compatriotes. Il court le risque d’être traité de quelqu’un qui ne respecte pas sa parole donnée. Ce à quoi ses amis ne manqueront pas de rétorquer en brandissant la kyrielle des actes qu’il a posés et les raisons profondes qui sous tendent la quête d’un second mandat.
Sory HAIDARA