Entre Nous
Le Fdr ou la renaissance politique
Une fois de plus, le Mali est à la croisée des chemins au terme de cinq années d’un inédit consensus. Le moins que l’on puisse constater, c’est que l’élan démocratique pris en mars
Mus, entre autres objectifs, par la volonté de constituer un pôle démocratique et républicain solide et stable pour la conquête et l’exercice du pouvoir; d’effectuer à cette fin un travail d’information, de formation et de sensibilisation en direction des partis politiques, des associations démocratiques et des populations en général, le Rpm,
Espoir de renouer avec la politique au pluriel, celle pour laquelle, ensemble, les mains nues, nous avons battu le pavé pour mettre le holà ! à toutes les dérives autocratiques. Espoir de pouvoir parler et de hausser le ton chaque fois que des intérêts particuliers et sordides tentent de prendre le pas sur ceux du grand nombre.
De par ses objectifs globaux le Fdr, croyons-nous savoir, est la réponse à l’injustice dont les Maliens ont été victimes tout au long du mandat qui s’achève. L’injustice du fait de souffrir dans sa pensée chaque fois qu’on a le sentiment d’être exclu ou considéré comme ennemi de son propre pays, pour avoir eu le courage de dénoncer.
Applaudi et accepté, parce que perçu en son temps comme une fidèle et juste interprétation du fondement de nos valeurs sociétales que sont l’entente, la cohésion et la quête perpétuelle de la stabilité, le Consensus s’est très vite transformé en un piège mortel. Il s’est révélé être sous la forme pernicieuse d’une atroce dictature avec en toile de fond, l’expression de la pensée unique, celle du chef de l’Etat. ‘’Le président a dit…le président a fait… Le président veut qu’on fasse comme ça… le président ne veut pas qu’on fasse ça…’’
Toutes formes de critiques, mêmes positives, sont perçues comme subversives, donc tournées contre le pouvoir du président. Tout part de lui, tout lui revient. La séparation des pouvoirs n’existant pas, le président ATT au cours de ce mandat a fait main basse sur tout ce qui a trait à la vie de la nation, au point que de grandes décisions engageant l’avenir du pays ont été prises à l’insu des autres institutions de
Les ministres des partis qui les ont envoyés en mission sont des ministres de la république. Un point, un trait. Le message est codé mais c’est à prendre ou à laisser. Ce ne sont pas Zeynab Mint Youba et Cheick Oumar Sissoko, qui nous démentiraient. La première a, d’ailleurs, fini de quitter définitivement le large par rapport au métier à tisser.
Loin de panser les plaies et de corriger les tares de l’Adema quant à sa gestion de la démocratisation et du développement, le président ATT a plutôt imposé une gestion consensuelle du pouvoir qui est devenu autocratique au fil du temps : seul le chef suprême est écouté, et lui n’écoute personne. Tant pis pour celui, ou ceux qui expriment une opinion contraire.
Au parlement du Mali, unique en son genre, le complot des majorités factices plane permanemment au-dessus des têtes. C’est justement pour écraser la dictature de la majorité que le Rpm et l’Adema sont restés enchaînés là où ils devraient bondir et prendre des initiatives allant dans le sens de la préservation et de l’épanouissement des acquis démocratiques.
Auréolé par la réussite de son coup contre la démocratie plurielle, le président ATT poussera le bouchon jusqu’à signer des accords nous engageant chacun, dans le dos des institutions que sont l’Assemblée nationale, le Haut conseil des collectivités et le Conseil économique social et culturel. Elles seront informées en même tant que l’ensemble des Maliens, grâce à la presse nationale privée (L’Indépendant), qui veille toujours au grain. Et lorsque, choquée, une partie non négligeable du peuple, a élevé la voix pour protester, elle a été taxée d’opposant au régime, d’ennemi du pays. Contre la presse qui joue à la perfection son rôle de garde-fou des dérives autoritaires du pouvoir, le président de
Par Sory Haïdara