Entre Nous Affaire Bittar – Guittèye Un glaive sur la tête d’ATT !

Publié le par lechallenger

Si le président, Amadou Toumani Touré, ne s’occupe pas dès maintenant du très dangereux et très vicieux problème de la Chambre de Commerce et d’industrie du Mali, c’est l’affaire-là qui le préoccupera aussi dans les tout prochains jours. Apparemment, c’est le blocage. Sans doute une des raisons pour laquelle la Cour Suprême a renvoyé l’affaire qu’elle se proposait de vider jeudi dernier.

La veille, c’est-à-dire mercredi soir, les partisans de Guittèye ont tenu leurs ‘’états généraux’’. La conduite à tenir au cas où le juge confirmerait la victoire du camp Bittar, a été au cœur des débats. Ils ne comptent pas reculer face à ce qu’ils continuent de croire comme une injustice, un vol. Ils se sont juré de ne rien accepter, ni des juges encore moins de négociateurs à la solde du pouvoir favorable à Jeamille Bittar. Les autorités ont-elles eu vent de ce qui se tramait ? Que vaut ce nouveau report, et que peut faire le Conseil islamique ? De report en report, le président ATT finira par se faire coincer et, alors, bonjour les dégâts si jamais on arrivait au scrutin du 29 avril sans que solution n’ai été trouvée à la situation qui perdure et dérive dangereusement. Et, si tel était le cas, le perdant ne serait ni Jeamille, ni Assoumane, mais lui ATT et son pouvoir.

Au plus fort de la contestation des résultats de l’élection à la présidence de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, par le camp de Assoumane Guittèye, encore une fois, nous étions les premiers à avoir demandé au président ATT d’annuler le scrutin, de nommer une administration provisoire, afin de ramener la paix et la sérénité. La victoire de Jeamille Bittar que conteste le camp Guittèye, à tort ou à raison, a fortement pourri le climat dans le monde des affaires du pays.*

Selon certaines sources proches du milieu, le ministre Choguel n’a fait que répercuter des consignes venant d’en haut, donc de l’entourage du chef de l’Etat. C’est pourquoi, les partisans de Guittèye n’arrêtent de demander le départ du ministre Choguel de la tête de leur département. Ils fermeront échoppes et boutiques pour occuper la rue et envisagent même, dans le pire des cas, la création d’une nouvelle Chambre de Commerce, si ATT ne démet pas son ministre.

Il ne l’a pas fait en novembre 2005 avec l’agression suivie de la mort du petit Papou, quand bien même, le ministre Mala avait été fortement indexé. Le président ne veut pas donner l’impression de s’être trompé dans ses choix ou d’avoir perdu la face, aussi prend-il le risque de braver l’opinion en protégeant complaisamment les ripoux qui lui sont dévoués. Au point que les Maliens pensent de plus en plus que leur président a beaucoup d’estime pour ses proches qui ne seraient pas très propres. Une façon de les avoir à sa merci ? Le contraire étonne lorsqu’on se rappelle la manière avec laquelle il s’est facilement débarrassé des ministres pour des causes moins- bien contraires - à l’instar d’Abdoulaye Garba Tapo et Moussa Balla Diakité.

Avec cette sale affaire de la Ccim , le temps presse, ce qui ne présage rien de bon. ATT, nous ne cesserons jamais de le répéter, a intérêt à casser ces élections et renvoyer les deux camps à leur boutique, au moins pendant une bonne année, le temps que les esprits se calment et les cœurs de se réconcilier. Sinon, le pire est à craindre si jamais les juges de la Cour Suprême confirmaient le jugement du tribunal administratif en faveur du vainqueur des urnes. Faut-il une administration provisoire à la Chambre , le temps d’organiser la présidentielle d’avril  ou prendre le risque de laisser s’installer le désordre  susceptible de mener à toutes les aventures ?

Sa vision pour le Mali qu’il dit chérir, passe par ça aussi. Le feu est allumé et, lui ATT, dispose d’entre ses mains, de l’eau pour l’éteindre et de l’huile pour l’attiser.   Avant les événements du 26 mars 91, au mois d’octobre et novembre 90, le thermomètre avait pris l’ascenseur au Dabanani avec le bras de fer commerçants – Gouvernorat du District. Le locataire de  Koulouba de l’époque ne peut l’avoir oublié entre autres choses.  A-t-on besoin de notes de services des renseignements généraux pour savoir que cette affaire de la Ccim ne fera que grossir le rang des mécontents, lesquels n’auront d’autre choix que de rallier le camp de la forte opposition en gestation ?

Par Sory Haïdara

 

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