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Publié le par lechallenger

Chaleur d’avant Avril!

 

ATT, IBK, Tiébilé Dramé et Soumeylou, voilà le quarté de feu qui s’annonce sur la piste. De l’électricité dans l’air comme en atteste le mercure déjà monté de plusieurs crans. Or, on est encore à quelques encablures de la fin du mois chaud d’avril où, précisément le 29, se tiendra le premier tour de l’élection présidentielle, le quatrième du genre dans notre pays depuis 1991.

On n’a pas attendu février, encore moins mars pour déclencher les hostilités. Avril, c’est maintenant et les forces en présence fourbissent leurs armes. Face à face et jouant à se faire peur : la mouvance présidentielle constituée de partis politiques, mouvements et associations dédiés à la cause du président sortant, Amadou Toumani Touré, d’un côté et de l’autre, le Rpm d’IBK, le Parena de Tiébilé, la Cds de Mamadou Blaise Sangaré, Convergence 2007 de SBM et l’Adj des Diop, El Madani, Moustaph Soumaré etc.

Bluff ou conviction profonde ? Chacun voit déjà la victoire de son côté, soit pour maintenir le statu quo, soit pour opérer ‘’le changement’’, selon. Dans ce scrutin aux enjeux énormes, tout semble du domaine du possible, sauf peut-être, une victoire au premier tour. Plusieurs observateurs prédisent un match plutôt intense joué jusqu’au bout au cours duquel il ne serait pas prudent de s’adonner aux tricheries, vols et autres pratiques qui ont entaché 2002 !

Le camp présidentiel part avec l’avantage de se servir à souhait, voire d’abuser des moyens de communication de l’Etat. N’ayons pas peur des mots parce que c’est bien ce qui se passe en ce moment. De l’autre côté, des hommes et des femmes sont déterminés à créer les conditions objectives d’une alternance propre et crédible. Ils n’entendent point se laisser faire, encore moins fermer les yeux sur quelque violation des règles du jeu. De quoi rappeler Sénégal 2000.

Comme le «Sopi» en son temps au pays de Me Wade, on ne parle à Bamako que du «Yèlèma» depuis la fin des fêtes de l’Aïd El Kébir et de la Saint Sylvestre. C’est le refrain chez les ‘’frontistes’’ en tout cas, dont les leaders laissent croire qu’ils travaillent activement à la mise en place d’une plateforme de combat.

Le débat est ouvert. Aux réalisations du pouvoir, ses opposants brandissent  les échecs et les reculs. Les deux livres publiés en moins de six (6) mois sur le régime ne sont pas pour arranger les business qui, il faut le dire, sont très compliqués.

Si les partisans du président ATT voient celui-ci rempiler haut la main au regard de ses réalisations, ses détracteurs lui demandent tout simplement de savoir s’arrêter à temps s’il ne veut pas se voir obligé de regagner son Soud’baba natal. Comme en 68, la France , avec son général obligé de quitter l’Elysée pour Colombey – les deux – Eglises, la terre de ses aïeux. Ils se disent convaincus de l’incapacité du président ATT à sortir le pays des difficultés qui l’assaillent, et des tares de gouvernance qui ont pour noms : corruption, trafic d’influence galopant, népotisme, recul des libertés démocratiques, dégradation et pourriture du milieu scolaire, instabilité sociale sous-tendue par un climat de ni paix ni guerre au grand nord. Un malheur ne venant jamais seul, ‘’Le Sphinx’’ qui s’était mêlé de la danse est réapparu. L’auteur du livre, qui n’arrête de pourrir la vie du président ATT avec ses chaudes et fumantes révélations, n’a pas attendu le mois de  mars comme il l’avait annoncé. La conférence de presse du collectif des avocats de Saïdi est venue entre temps écourter cette trêve.  Très stratège, en tout cas choisissant parfaitement ses moments pour apparaître, ‘’Le Sphinx’’, il faut le dire, inscrit ses activités dans la durée et jouera un rôle prépondérant dans la course à la présidentielle d’avril. Les Maliens n’oublieront pas de sitôt les deux temps forts de l’actualité socio-politique des huit derniers mois: le coup militaire de l’Alliance du 23 et le livre ‘’ATT-cratie...’’

Face aux interrogations de toutes sortes, c’est dommage qu’une réaction n’ait émané du locataire de Koulouba, ne serait-ce que pour rassurer ses compatriotes. Compte -t-il sur le temps pour oublier et se faire oublier?

Par Sory Haïdara

 

 

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