Réaction du gouvernement au Rapport 2006 du Pnud Faux débat, faux baroud d’honneur !

Publié le par lechallenger

 

Cher Béïdy

 

Je n’ai pas beaucoup aimé le point de presse de 4 de nos ministres le vendredi dernier. Je trouve que ce n’était pas vraiment la peine de le faire. Il faut plutôt chercher à tirer profit de ce qui est dans ce rapport. Je crois qu’il y a des enseignements énormes pour nous (je veux parler de notre peuple et surtout de notre gouvernement). Il y a beaucoup à tirer de ce rapport que de le critiquer voire insulter ses auteurs. Nous devrons-nous reprocher aussi notre défaillance à constituer une banque de données fiables et exploitables en temps réel. Nous n’avons jamais pu élaborer des indicateurs propres à nous, ne serait-ce que pour notre information sur nous et pour nous. Nous évoluons toujours avec les indicateurs internationaux, alors que rien ne nous interdit d’en avoir de façon particulière pour mesurer le chemin parcouru. Ce qui édifierait mieux que les stériles et ridicules résultats d’évaluation gouvernementale.

Je disais qu’il y a des leçons à tirer du Rdh. Et j’attire ton attention particulièrement sur deux d’entre - elles qui me semblent fondamentales (ici et surtout dans le doc joint où tu as, je l’espère, de quoi te faire une opinion consistante sur la question).

1. Il faut se rendre à l’évidence que des mondes différents se côtoient au sein d’un même pays comme c’est le cas chez nous. Notre problème n’est pas d’être 1er ou 3ème producteur de coton ou de l’or mais quelle répartition fait-on des revenus. Nos rapports nationaux du même nom, c’est - à - dire les Rndh, ont souvent insisté sur ce manque. Le Rapport sur le développement humain du Pnud 2006 classe, en fait, la majorité des Maliens qui croupissent sous le joug de la misère selon les indices considérés: espérance de vie, éducation/formation (alphabétisation) et revenu ou Pib

2. Ce rapport nous dit clairement quels seront les enjeux de développement pour les 20 années à venir (au moins). L’enjeu, c’est l’eau. Il faut le savoir, l’analyser et penser déjà à ce qui doit y être fait au lieu de s’accrocher à des questions de rang. Lis cet article de «libération» du Maroc. Il est édifiant en la matière.

Cordiales salutations!

 

Ton grand frère, Mamadou M. Traoré

 

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