Entre Nous

Publié le par lechallenger

 

 

Le Président de la république est rentré d’un périple américo-européen qui aura comme effet bénéfique une pluie de dollars américains, des milliards de nos francs. Le paradoxe est qu’au moment où notre pays obtenait ces pactoles, respectivement dans le cadre du Millenium challenge et du 10è Fed sur la base de la confiance, les rapports du Pnud et de Transparency international sont tombés. Un autre débat à mener sans doute avec courage, responsabilité et sérénité afin d’en tirer tous les enseignements, un seul arbre ne pouvant cacher la forêt.

 

Pour l’heure, l’autre chose qu’on peut constater est que le mouvement citoyen n’a pas laissé filer une si belle occasion pour s’adonner à son sport favori. Faisant feu de tout bois, le plus souvent dans des circonstances dont l’opportunité est sujette à caution, ce regroupement d’hommes et de femmes a mobilisé la troupe du District. Reste à se demander quelle démonstration cette fois-ci et pour quelle cause. Narguer Le Sphinx ? Il est temps qu’on mette fin à ce genre de récréation dans notre pays, à moins que ce ne soit d’accord partie avec le président lui-même. Seuls les imbéciles ne changent pas, dit-on presque dans toutes les langues. Puisse le Tout Puissant éclairer la lanterne d’ATT pour qu’il voie mieux et sans état d’âme la réalité dans toute sa complexité et sa crudité.

Il doit trouver les moyens de prendre ses distances de ces faux amis en panne d’inspiration, ces vrais terroristes qui, à force de faire du boucan pour leurs seuls profits en vérité, le distraient et l’abrutissent. Ils seront d’ailleurs les premiers à lui tirer dessus à bout portant pour l’achever, après l’avoir fragilisé et livré -par leur comportement- à ses détracteurs comme c’est le cas actuellement. Dans tous les cas, ATT aura du mal à se convaincre lui-même que le Mali de sa ‘’Vision’’ en 2002 - uni, fort, pluriel et réconcilié avec lui-même - est bien différent de celui d’aujourd’hui fortement malade de la corruption, du trafic d’influence, du népotisme, de la méchanceté, de l’égoïsme, de l’ingratitude. Tous les ingrédients d’une implosion socio-politique. La moindre étincelle peut tout faire embraser. Du 23 mai 2006, date de l’éclatement de la dissidence armée conduite par Iyad et Fagaga à ce lundi 20 novembre 2006, les événements se sont succédé certes sans se ressembler, mais tous ont la même explication: la mauvaise gouvernance. Pour les Maliens en général, le président de la république a le dos au mur. Il n’a plus d’autre choix que de sévir ou être sanctionné. Tout ce qui brille n’étant pas de l’or, il est alors temps pour lui de procéder à un nettoyage de fond de son écurie où il y’a de très bonnes graines comme des pourritures. Lesquelles, sous le fallacieux prétexte d’une loyauté de façade ouvrent en réalité, sous ses pieds, le chemin conduisant aux abîmes. Chute dont il pourrait ne jamais se relever.  Un adage vieux comme le monde ne dit-il pas que «Si tes amis refusent de te dire la vérité, mets  la main à la poche pour que tes ennemis te la disent ». Le ministre Nancouma – cadre Rpm bon teint- a été on ne peut plus clair : le livre à l’origine du grand malaise social actuel a révélé la vraie nature de tous ces hommes et femmes qui tournent autour de la famille présidentielle, et qui donnent l’impression d’être des inconditionnels. La réalité est qu’ils sont des inconditionnels des seuls princes du jour. Il urge que le président ATT endosse sa toge du chef suprême, et procède à une lecture critique et conséquente du pamphlet.

Tout comme les responsables du Pcr, nous pensons que l’heure est venue pour lui de faire déclencher une enquête minutieuse et d’envergure sur les dénonciations faites dans le bouquin, afin de situer les responsabilités. Au lieu de faire comme si le bouquin n’était qu’une oeuvre de science-fiction. C’est la meilleure façon de convaincre le peuple désormais intrigué que tout ce qui y est écrit est faux.  A notre avis, s’il est bon de faire les louanges autour des actes positifs posés par le président, il n’en demeure pas moins vrai  aussi pour les mauvais actes posés ça et là, pour toutes les dérives et autres mauvaises pratiques. Dieu seul sait qu’il y en a eu. Ne pas le lui dire  est sans doute la pire des trahisons. Ne pas dire au président qu’il se trompe comme toute créature humaine, c’est cela qui constitue une preuve de lâcheté et de méchanceté sournoise. Le président ATT est-il seulement au courant de tout ce qui se fait en son nom et pour son propre compte ?  Nous en doutons et c’est pourquoi nous continuons de croire que le salut viendra de la mise en route d’une enquête à l’effet de situer les responsabilités, toutes les responsabilités. Et ce n’est assurément pas dans la profession des insanités que le problème est résolu pour autant.  ATT est le  chef et un chef doit être critiqué chaque fois qu’il pose de mauvais actes ou chaque fois que de mauvais actes sont  posés en son nom, ou pour son compte.

Des hauts cadres du pays sont accusés à tort ou à raison de faits gravissimes. Ça ne coûte rien de vérifier pour savoir, si eux-mêmes ne se sentent pas interpellés à réagir du fait que leur honneur et leur dignité est dans la boue ? Ces dénonciations sont aux yeux des millions de Maliens, la meilleure façon d’attirer son attention sur la nature réelle des hommes et femmes qui travaillent avec lui, sous sa responsabilité morale. Mais, adopter une attitude de mépris par rapport à une situation qui risque d’embraser n’est pas sage et tranche avec le comportement d’un grand chef. Fini le temps des discours mielleux et des propos encenseurs !

Par Sory Haïdara

 

 

 

 

 

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