10e Fonds européens de développement Le ‘’oui, mais’’ de l’Afrique

Publié le par lechallenger

L’Afrique accepte les principes de l’UE mais refuse son «interférence». L’Afrique accepte les sous de l’Union européenne à condition toutefois que celle- ci ne lui impose des conditions qu’elle ne peut accepter. Les dirigeants, qui étaient présents et au nombre desquels Amadou Toumani Touré, l’a fait savoir aux dirigeants de l’Ue. Pour rassurer les uns et les autres, les patrons de l’Ue, louis Mitchell et de la Banque Mondiale , l’Américain Paul Volwovitz ont prit la parole pour mettre les points sur les i. Pas d’autre conditionnalité en dehors de la bonne gouvernance

 

Plusieurs dirigeants africains réunis vendredi à Bruxelles ont rejeté les tentatives de l’Ue de leur imposer sa vision politique, même s’ils ont reconnu l’importance pour leur continent de certains principes défendus par les Européens, comme la bonne gouvernance. «Ne forcer pas les gens à faire ce que vous voulez qu’ils fassent», a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni devant des dirigeants africains et européens réunis pour les Journées européennes du développement. «Vous devriez arrêter d’interférer dans le processus de prise de décision des pays africains. Une partie du problème de l’Afrique est l’interférence de l’extérieur», a-t-il ajouté sous les applaudissements, sans préciser toutefois s’il visait l’Ue en particulier.

«La gouvernance ne peut pas être une rue à sens unique ni utilisée par les forts contre les faibles. N’utilisez pas votre pouvoir et votre richesse pour nous créer à votre image», a renchéri le président du Botswana, Festus Mogae, revendiquant le droit «d’être en désaccord avec les donateurs». L’Ue fournit la majeure partie de l’aide au développement mondiale, avec 36 milliards d’euros en 2004, dont la moitié pour l’Afrique.

Mais elle est souvent accusée de ne pas assez tenir compte des pays concernés lors de l’attribution des fonds destinésau développement.

 

«En théorie, la Commission affirme respecter la capacité des pays à prendre leur destin en main», a ainsi estimé un collectif d’Ong africaines et européennes réunies à Bruxelles en marge de ces Journées du développement.

«Dans la pratique pourtant (...) l’UE continue de leur dicter les priorités politiques qu’ils doivent suivre», ont-elles ajouté.

Nous faisons des erreurs.

Le commissaire européen au Développement Louis Michel a «accepté les critiques» formulées pendant ces trois Journées. «Je suis d’accord que parfois, avec les meilleurs intentions, nous faisons des erreurs», a-t-il déclaré à leur clôture. Il a en revanche assuré que les Etats africains n’étaient obligés à rien en matière de gouvernance. «S’ils estiment que tout va bien et qu’il n’y a rien à améliorer, c’est leur droit. Ils ne seront pas sanctionnés», a assuré M. Michel.

Pour Bruxelles, la bonne gouvernance concerne la lutte contre la corruption, mais aussi le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, un gouvernement qui rend compte devant un parlement et des électeurs, l’accès pour tous à la justice, à l’éducation et à la santé, ou encore l’appui à la croissance économique. Pour la promouvoir, elle a prévu une enveloppe de quelque 3 milliards d’euros pour la période 2008-2013 afin de récompenser les Etats Acp (Afrique, Caraïbe, Pacifique) qui seront les bons élèves de la gouvernance, sans sanctionner les mauvais élèves.

Les dirigeants africains réunis vendredi ont eux-mêmes reconnu la nécessité de mettre ces principes en pratique.»La question de la gouvernance et de la transparence de la gestion de la chose publique constituent des conditions préalables au développement», a ainsi résumé le président du Bénin Boni Yayi, insistant comme beaucoup de ses homologues sur la lutte contre la corruption et la réforme de la justice.

Mais il a souligné que la bonne gestion des affaires publiques était parfois «perturbée par le manque de moyens et les chocs extérieurs», comme la crise du coton en partie due selon lui aux régimes de subventions des «euro partenaires» en faveur de leurs propres producteurs.

Plusieurs de ses homologues se sont comme lui inquiétés de l’avenir de leurs relations commerciales avec l’Ue. Et notamment des négociations en cours sur les six Accords de partenariat économique qui doivent remplacer les régimes douaniers préférentiels, condamnés à disparaître fin 2007 pour incompatibilité avec les règles de l’Omc.

Source : Groupe Jeune Afrique
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