Dr Sékou Kéïta, 3ème vice-président du Pcr

Publié le par lechallenger

 

 

Dr Sékou Kéïta, 3ème vice-président du  Pcr

 

‘’Le Pcr n’a pas été consulté pour le remaniement ministériel’’

Un des fondateurs du Mouvement citoyen, le Dr Sékou Kéïta est aujourd’hui le 3ème vice président du Parti citoyen pour le renouveau (Pcr). Il nous livre ses impressions sur la vie d’un parti supposé proche du président de la république et ses rapports véritables avec celui-ci.

A quelques mois de la présidentielle, peut-on dire que le Pcr, dont les membres ont soutenu le président de la république en tant que militants de simples associationsen 2002, va lui renouveler leur confiance en 2007 ?

A mon avis, il est plus sage d’attendre que celui que l’on va soutenir se déclare d’abord candidat. Car, pour bien soutenir quelqu’un, il importe de ne pas faire de la précipitation. Mais aller jusqu’à soutenir quelqu’un qui n’a pas déclaré sa candidature  c’est, à mon avis, une anticipation. Je préfère que le président de la république se déclare d’abord. En ce moment, on verra dans quelles conditions ce soutien va se faire.

Pourtant, lors de vos dernières assises, le président Ousmane Ben Fana Traoré a beaucoup insisté dans son discours sur la candidature d’ATT. Vous venez de dire que le président de la république  doit d’abord se déclarer candidat avant tout éventuel soutien. Ne pensez-vous pas qu’il y a une contradiction entre ce discours tenu et vos propos?

Non. Il n’y a pas de contradiction. C’est tout simplement une différence de sensibilité. C’est-à-dire que l’expression peut changer d’une personne à l’autre, tout comme la vision. Sinon, fondamentalement, il n’y a pas de contradiction. Je veux dire que si le président est candidat il doit, à mon avis, s’adresser aux partis politiques dont il souhaite le soutien, pour le leur demander. Or, pour le moment, le président n’a pas déclaré sa candidature. Le Pcr, à mon avis, n’est pas sollicité pour une candidature qui n’est pas déclarée!

Je ne renie pas l’attachement du Pcr à la Mouvance présidentielle parce qu’il faut le reconnaître, nous avons été les premiers initiateurs des associations qui ont fusionné pour créer le Mouvement citoyen. Nous avons appelé le président au moyen d’une ‘’lettre d’or’’ à laquelle il a répondu à Sikasso. Donc nous sommes effectivement dans la mouvance présidentielle et je pense qu’il faut créer la vision associative. La vision associative est la vision des partis politiques.

 

Plusieurs partis politiques, dont l’Adema ou encore l’Urd, ont déclaré déjà  leur soutien au président ATT en 2007. Est-ce que ces partis sont en train de prendre le pas sur le Pcr qui se réclame parti de la mouvance présidentielle ?

Je ne pense pas. Vous savez qu’au Mali, il y a une centaine de partis politiques, une centaine de façons de voir les choses, une centaine de façons de faire la politique. Le Pcr est un parti très jeune, donc une nouvelle façon de voir les choses. Nous n’allons pas prendre exemple sur les partis politiques parce qu’ils ont fait ça et les copier. Vraiment, si nous voulons que la population malienne s’intéresse à la politique et si nous voulons dépasser les faibles taux de participation aux élections, il va falloir vraiment changer la façon de faire la politique. C’est pour cela que nous n’allons pas copier les autres partis politiques. Donc, je maintiens cette position. Le Pcr n’est ennemi de personne. Le Pcr est derrière le peuple malien. Le Pcr est un parti fermement engagé pour que le Mali change.

Vous avez dit que le Pcr n’est ennemi de personne, quelqu’un vous a donc taxé d’être son ennemi ?     

Non. Personne ne nous a taxés d’être son ennemi. Je dis tout simplement que si l’on ne copie pas quelqu’un, on peut comprendre peut-être que vous ne l’aimez pas. Je vais dire qu’on ne va pas faire ce qu’ont fait des partis  politiques. Non seulement, on n’est pas ennemi, mais on ne fera pas ça parce que les partis politiques ont fait.

Est-ce que le Pcr est en train de se préparer pour les échéances électorales à venir ?

Effectivement, le Pcr est en train de se préparer pour les élections. Pour nous, la première préparation, c’est au niveau des listes électorales. Le Pcr s’est impliqué au niveau des régions, des différentes communes pour participer à la révision des listes électorales.

Le Pcr est en train de préparer un programme d’action qui va consister à visiter l’ensemble de nos structures au niveau du pays et même à l’extérieur pour transmettre le mot d’ordre de mobilisation et de préparation  pour ces élections. Le Pcr est également en train d’analyser et de réfléchir à un regroupement politique efficace qui puisse lui permettre de participer efficacement aux différentes élections.  

 

Quels sont les rapports que vous entretenez avec le président de la république en tant que parti de la mouvance présidentielle ?

C’est le respect mutuel, la considération et également la fidélité dans la droite ligne de la vision du Pcr. Nous sommes dans cette logique, parce que nous considérons le président comme notre représentant à Koulouba.

Il est question de remaniement ministériel dans les jours où les semaines à venir, à ce jour, le Pcr a-t-il été consulté ?

Pour la formation du gouvernement ? A ma connaissance, je ne peux pas dire que je détiens toute l’information, mais par rapport à la formation du gouvernement, le Pcr n’a pas été consulté. Cependant, nous avons été consultés par le président par rapport au front présidentiel qu’il souhaite constituer en vue  de la présidentielle si je ne me trompe pas.

Donc, il y’a un  front présidentiel qui est en gestation?

Je pense que vous avez appris que l’Adema, l’Urd ont même fait des concertations dans ce sens-là  et présenté un document dans ce sens. Nous avons adressé au président un mémorandum qui fait l’historique ainsi que la situation actuelle du Pcr. En outre, nous souhaitons que soit défini le cadre approprié dans lequel se situera l’action de notre parti pendant la consultation électorale.

Pour beaucoup d’observateurs, le Mouvement citoyen dirigé par Djibril Tangara ne veut pas sentir les responsables du Pcr. Qu’en est-il réellement ?

Il y’a plusieurs tendances au sein du Mouvement citoyen. Certains pensent qu’il faut aller à un parti, d’autres pensent qu’il faut rester association jusqu’à ce qu’ATT donne l’ordre de créer un parti. Cette dernière tendance cherche toujours à manipuler les militants à l’intérieur du pays. Ils pensent que les militants n’ont de rôle que de continuer à applaudir le président de la république. Nous, nous pensons que les militants doivent avoir un avenir politique. Le Pcr ne considère pas le mouvement citoyen comme son ennemi, même si au sein de ce mouvement il y’a une certaine tendance manipulatrice qui voit mal le Pcr évoluer sur le terrain politique.

Votre dernier mot ?

Le Pcr est un jeune parti composé essentiellement de jeunes. Mais également un jeune parti par rapport à sa vision. Notre ambition n’est pas superficielle. Le Pcr n’est pas un parti alimentaire. Nous voulons qu’il y ait la bonne gouvernance dans le pays, qu’il  y ait de l’emploi, le respect des libertés individuelles et collectives.

Nous voulons que l’aide publique au développement atteigne ceux auxquels elle est destinée. Bref, nous voulons que le Mali aille de l’avant et nous comptons travailler avec tous ceux qui pensent comme nous.

Entretien réalisé par Alhassane H Maïga

 

Publicité

Publié dans lechallenger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article