lil Ici aussi ?
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Ici aussi ?
Quoi, qu’est- ce que vous racontez ? Des dépenses de prestige lors des funérailles, exactement comme ils font chez eux, les ‘’gnak’’, à se demander s’ils ne se réjouissent du départ définitif du ‘’de cujus’’ ? Sans blague ! Curieuse façon tout de même de faire ses adieux à quelqu’un qu’on est censé avoir chéri, du moins de son vivant !
Indescriptible ! Le phénomène de dépenses de prestige se répand comme tâche d’huile sur papier kleenex dans une société où la culture sahelo-islamique domine véritablement. Curieux non !
Comme pour imiter les sociétés animistes, des funérailles de plusieurs jours sont désormais organisées aux morts. Ajoutés à cela ces mariages à coups de millions et des baptêmes pompeux, il y’a lieu de se demander si ici bas, sous les tropiques maliens, les bouts de bois de dieu ne sont vraiment pas en train de péter les plombs. Bon, bref… faut-il faire avec, comme dirait l’autre, le tondu ?
Si la pratique des funérailles …de prestige peut être considérée comme l’une des survivances culturelles des sociétés naguère animistes, force est de relever le mérite de l’islamisation qui a positivement influencé cette façon de faire les choses. Mieux, la conjoncture économique particulièrement éprouvante dans un environnement économique parmi les plus précaires du monde, devrait décourager plus d’un à se livrer à cet anachronisme qui reprend du poil de la bête.
Que dieu sauve les testicules des nageurs ! Amen ! En tout cas, le phénomène était au cœur d’une réflexion menée par les acteurs de la société civile, le samedi 28 octobre dernier au Centre Aoua Kéïta sous la houlette du réseau des communicateurs traditionnels, des imams, des associations et Ong féminines: ‘’Dépenses de prestige aux cérémonies de mariage, de baptême et de funérailles. ’’Allah ou Akbar !
Tour à tour, les participants à la rencontre, en majorité des femmes, les principales instigatrices de ces mondanités, ont dénoncé cette nouvelle ancienne coutume qui consiste à dilapider leurs maigres économies pendant les cérémonies. Les discours contre la pratique fusaient pendant toute la journée. Seul hic, on a beaucoup papoté certes, mais aucune solution ‘’réalisable’’ n’est sortie de
Ce qui laisse entendre que les débats restent ouverts. Les représentants ‘’des Niamakala’’, principaux bénéficiaires de ces cérémonies, se sont aussi joints aux organisateurs du forum pour dénoncer ce qu’ils ont appelé un gâchis pour la société.
Mais, preuve que certaines pratiques sont tellement ancrées dans nos us et qu’elles ont de beaux jours devant elles puisqu’on continue de s’y adonner partout : dans la salle qui a abrité la rencontre, il y avait un essaim de griottes et les billets de banque ont circulé.
Alhassane H Maïga