On dirait qu’ils ont bu du ‘’tchimitchama’’ Fils indigne ou ‘’buran muso’’ maudite?

Publié le par lechallenger

On dirait qu’ils ont bu du ‘’tchimitchama’’

 

Fils indigne ou ‘’buran muso’’ maudite?

 

Les deux, devrait-on répondre sans ambages. Voici un couple qui s’est récemment rendu célèbre par un sinistre exploit crevant le plafond de la démesure. Car, dit-on, dans notre société, quelle que soit la gravité de la faute commise, un enfant ne doit pas élever le ton, encore moins lever la main sur un aîné. De même, il est toujours souhaité que l’épouse soit comme le fil et l’aiguille pour unir les membres de la famille de son mari.

Douanier à la retraite à Médina coura, Diallo eût enfanté un démon grandeur nature qu’il n’aurait pas connu pire: être tabassé par son fils adoptif à cause de la femme de ce dernier. Cette affaire extraordinaire, qui fait dresser les cheveux de la tête tant elle tombe sous les sens, est pourtant pendante chez les pandores du Camp I.

Quand la passion entre par la fenêtre, la raison fout le camp par la grande porte. Récitez mille fois ‘’khoul hou walaw’’ pour éloigner à jamais Satan qui, il faut en convenir, s’accorde de plus en plus de liberté dans les cœurs. Ce n’est pas le vieux Diallo, son rejeton indigne et sa démoniaque bru, par la faute de laquelle tout serait arrivé, qui diraient le contraire.

C’est un vieux retraité tremblant de rage et de ressentiment que nous avons rencontré chez lui à Médine. Il nous montra ses blessures : une vilaine plaie sur le nez, une autre derrière le lobe de l’oreille gauche, des écorchures aux genoux. Il nous parla de ses contusions dans tout le corps et surtout des douleurs dans le dos, si atroces qu’elles lui coupent le sommeil.

Se peut-il que les relations entre beau-père et belle-fille vivant sous le même toit familial soient si tendues?  C’est pourtant le cas depuis deux ans entre  l’épouse de Modibo Diallo et le père adoptif de ce dernier. Ces relations se sont envenimées au point de s’étendre aux autres membres de la famille et de prendre une tournure dramatique samedi dernier. A cause de deux faits apparemment anodins. Le premier a eu lieu dans la matinée. Le gérontocrate, de surcroît propriétaire de la maison, a grondé la servante de sa belle-fille pour avoir versé de l’eau dans la cour. Ce qu’il ne devait peut-être pas faire puisque la boniche s’en alla rendre compte à sa patronne. Quelle version celle-ci a-t-elle donnée de cela à son mari pour le ‘’pomper’’ contre celui qui l’a nourri et logé depuis sa naissance ? Car, c’est dans la soirée que se produisit le deuxième fait, l’incident. Non, le drame.

Modibo revenait de la ville, en compagnie de sa femme. En faisant entrer le véhicule dans la cour, les phares éblouirent le vieux qui était assis devant la porte. Ce dernier lui demanda de les éteindre car la vive lumière l’aveuglait. Refus de Modibo. Il n’en fallait pas davantage pour rendre son père encore plus furax. Le vieux se leva alors et le bouscula. Comme s’il n’attendait que ça, ‘’Van’’ se jeta sur son ‘’père’’ et se mit à le rouer de coups. Compte tenu de son grand âge -82 ans- celui-ci n’eut peut-être la vie sauve que grâce à l’intervention musclée d’un autre de ses enfants qui se jeta sur son frère et le rudoya. Modibo porte depuis un plâtre au bras à cause d’une luxation. Mais cette histoire abracadabrantesque n’était pas finie pour autant car, cerise sur le gâteau, dès le lendemain matin, le malheureux ‘’père’’ de Modibo fut convoqué et gardé  à vue  à la Brigade de gendarmerie du camp I par la mère de sa femme pour… menace de mort ! Depuis ce jour, le vieux refuse l’accès de sa maison au couple. Affaire à suivre.

 

Ousmane Coulibaly et Binta Gadiaga

 

Publicité

Publié dans lechallenger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article