Ancien arbitre international, instructeur à la Fifa Douga Dembélé nous parle de l’homme en noir

Publié le par lechallenger

 

Ancien  arbitre international, instructeur à la Fifa

 

Douga Dembélé nous parle de l’homme en noir

 

Cet ancien arbitre international de football est incontestablement parmi ces personnes qui ont rendu célèbre l’arbitrage malien à travers le continent. Il, c’est Douga Dembélé. En deux ans et demi, il a gravi tous les échelons de magistrat des pelouses: arbitre élève, arbitre du district, arbitre de ligue et arbitre fédéral. Il sera ensuite porté sur la liste de propositions au titre d’arbitre Fifa non sans avoir été le  président des arbitres de Bamako.

Dembélé a raccroché, comme on dit dans le jargon, en 1997 après avoir tenu sifflet et drapeau lors de  nombreux derbies aux plans national et international.

Actuellement, Douga Dembélé est à la fois instructeur national des arbitres du Mali et Instructeur d’arbitres Fifa. C’est à ce titre qu’il participera d’ailleurs ce 4 novembre dans le pays des hommes intègres à un stage de perfectionnement de la Fifa.

Cet enseignant de profession est aussi le directeur de l’école fondamentale de Lassa sur la colline. Né il ya 55 ans à Bamako, Douga est marié et père d’un enfant. 

Comment vous êtes venu dans l’arbitrage ? Par passion ?

 

Je suis venu à l’arbitrage par passion pour le football. J’avais pensé  combattre  ainsi certaines injustices, en donnant à l’arbitrage ses lettres de noblesse par un comportement exemplaire.

 

A mes débuts, j’ai été encouragé et amené à l’école des arbitres par deux camarades, feu Modibo N’Diaye n°2 et Dioman Kéita. Je l’exerçais déjà de façon occasionnelle dans la commune lors des coupes. 

 

Parlez- nous un peu de votre carrière d’arbitre?

 

Dans l’arbitrage, j’ai eu une aubaine qu’aucun arbitre au Mali n’a eue. En deux  ans et demi, j’ai passé tous les grades d’arbitre (élève, District, ligue et fédéral) pour ensuite être porté sur la liste de proposition au titre d’arbitre FIFA.

 

Dans ma carrière, j’ai eu à diriger dans toutes les compétitions de football du Mali, les coupes en Afrique, les éliminatoires de la coupe du monde.

 

Qu’est ce que l’arbitrage vous a apporté ?

 

Ce que l’arbitrage m’a apporté est important : le voyage par exemple. J’ai fait toutes les régions du Mali, presque la totalité des pays d’Afrique, d’Europe, je suis riche des relations humaines. J’ai été connu par des millions de personnes au Mali, en Afrique. Là où je suis, je ne peux partir dans aucun coin du Mali sans rencontrer au moins une connaissance. Quand vous prononcez  mon nom, il y a toujours des gens qui diront qu’ils me  connaissent  ou qu’ils ont entendu parler de moi. Je suis heureux des liens que je continue d’entretenir avec les personnes qui m’ont connu sur le terrain. J’ai pu aussi, grâce à mes honoraires des matches de la CAF et de la FIFA m’offfrir quelques commodités de l’existence.

 

Ancien arbitre international, instructeur FIFA des arbitres, comment jugez- vous l’arbitrage malien ?

 

Le niveau de l’arbitrage au Mali est bon. Je vous invite à faire une comparaison en toute objectivité avec les arbitres qui viennent au Mali et ceux que vous voyez à la télévision. Vous  vous rendrez compte du bon niveau des arbitres maliens. Je demanderai à tout le monde de savoir pardonner car un arbitre est quelqu’un qui doit suivre pendant 90 mn 22 acteurs.

 

Difficile de faire ça à 100% sans commettre des erreurs car un arbitre constate, apprécie, juge et sanctionne à la fraction de seconde. Je souhaite courage et assiduité aux arbitres du Mali !

 

Que faut-il faire, à votre avis, pour rendre encore plus performant notre arbitrage?

 

Pour rendre performant notre arbitrage, il faut tout d’abord mettre les arbitres dans les meilleures conditions de travail : les doter d’équipements qui sont très chers pour nous (maillots culottés, bas, chaussures, magnétoscopes, télévision, appareils rétro- projecteurs) et surtout organiser sans cesse des stages de formation et de mise à niveau. Il faut aussi assurer  leur protection.

 

M. Dembélé, directeur d’école, arbitre, instructeur, comment vous faites pour concilier toutes ces fonctions ?

 

Directeur d’école, arbitre, instructeur d’arbitre. Pour  concilier toutes ces fonctions, ce n’est pas facile. Je  rends un hommage à notre gouvernement qui, de tout temps, a accordé à nos arbitres fonctionnaires une permission d’absence pour exercer leurs  fonctions. 

 

Durant  toute ma carrière, je n’ai jamais vu un cas de refus de permission d’absence car on est en mission  pour le pays.

 

Qu’attendez-vous du stage d’instructeur auquel vous allez participer au Burkina à partir  du 4 novembre prochain?

 

Après une première formation qui a eu lieu au Mali, nous partons au Burkina pour suivre une seconde formation.

 

A la fin de ce stage, je serais confirmé Instructeur d’arbitres FIFA afin de m’occuper de la formation des arbitres du Mali et faire de sorte que tous les arbitres du monde FIFA jugent de la même manière. C’est le but de notre stage du 4 novembre prochain au Burkina Faso.

 

   Entretien réalisé par  Chiaka Doumbia

 

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