PPR à propos des rafles de véhicules
PPR à propos des rafles de véhicules
‘’Quand le laxisme s’appelle libéralisme’’
‘’L’on a appelé libéralisme dans ce pays le laisser-aller ! L’on a enfin appelé libéralisme dans ce pays l’impunité, finalement érigée en règle de gouvernement, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain si un sursaut national ne sauve pas le pays. L’on a enfin appelé libéralisme dans ce pays, le fait que le prince du jour puisse tout se permettre : en violation des lois en vigueur nommer aux faciès des non cadres A, des gens à diplômes douteux ou encore en début de carrière chargés de mission, conseillers techniquesvoire…’’
La rafle-saisie des véhicules « mal dédouanés » qui est en cours en a surpris plus d’un. Autant certains disent «enfin l’Etat s’assume» autant nous autres prenons ce fait du prince comme un abus de pouvoir, un abus d’autorité. Que se passe –t-il ? De paisibles citoyens respectueux des lois de la république ont acquis des véhicules qu’ils ont dédouanés dans les règles de l’art : en passant forcément par des transitaires agréés, comme il est exigé. Deux ans plus tard voire plus, parce qu’une véritable crise de trésorerie menace l’Etat, la toute puissance publique se souvient brusquement qu’elle a autorisé des véhicules à circuler qui n’en avaient pas le droit ! A qui la faute ?
C’est l’Etat qui, à travers la direction nationale des transports a délivré les cartes grises, aujourd’hui saisies. C’est sous l’autorité de ce même Etat que la plaque minéralogique a été portée sur lesdits véhicules supposés forcément être en règle ! Comment comprendre alors que le Consommateur lambda ne s’indigne pas de l’arbitraire qui le frappe en pleine circulation, sans avertissement préalable ? Pourquoi l’Etat qui exige qu’aucun véhicule ne puisse être dédouané que par un bureau de transit, un transitaire ou toute autre structure à cela dédiée, ne se retourne-t-il pas contre ceux qui ont exécuté la basse besogne, le dédouanement ?
Pourquoi donc l’Etat ne se retourne pas contre les transitaires ?
Parce que dans ce pays, ayant toujours confondu vitesse et précipitation, ce que l’on a appelé la voie du libéralisme intégral a fait vaciller l’Etat, l’a vidé de sa substance, l’a affaissé et aujourd’hui l’a simplement mis à terre.
En effet, l’on a appelé libéralisme dans ce pays l’effacement total des secteurs économiques en bradant au franc symbolique ou à vils prix nos sociétés et entreprises d’Etat, en général à des gens en complicité avec ceux qui opèrent le bradage au nom de l’Etat.
L’on a appelé libéralisme dans ce pays le laisser-aller !
L’on a enfin appelé libéralisme dans ce pays l’impunité, finalement érigée en règle de gouvernement, aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain si un sursaut national ne sauve pas le pays.
L’on a enfin appelé libéralisme dans ce pays, le fait que le prince du jour puisse tout se permettre : en violation des lois en vigueur nommer aux faciès des non cadres A, des gens à diplômes douteux ou encore en début de carrière chargés de mission, conseillers techniques voire….L’exemple ainsi donné par la Présidence de la république, la primature et les différents départements ne pouvait pas ne pas avoir ses belles retombées ailleurs. Ainsi, comme on est dans ce pays où n’importe qui peut être chargé de mission ou de n’importe quoi etc, où tout le monde peut même être candidat à la présidence de la république comme on l’a vu en 2002 (libéralisme à la malienne oblige !), pourquoi tout le monde ne serait-il pas transitaire ? Entrepreneur ?
Ainsi donc tout le monde peut devenir transitaire, avec la bénédiction de l’Etat. Et comme certains transitaires ont pour bureau ambulant leur propre voiture, n’ont pas d’adresse complète ou disparaissent dans la nature après avoir réussi un bon coup de « dédouanement », l’Etat, pour ne pas perdre ses sous, se retourne contre le paisible citoyen, le maillon faible de la chaîne de dédouanement, le propriétaire du véhicule. Voilà le fond !! Ça ne peut plus continuer ! Les consommateurs maliens doivent dire non à l’arbitraire de l’Etat qui les frappe ! Ils doivent dire Non aux associations des consommateurs qui ne sont pas à la hauteur, qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas dans des circonstances d’arbitraire avéré comme l’opération en cours menée par la DOUANE ! Encore que- cela aussi est avéré- le transitaire frauduleux réussit presque toujours son coup en complicité avec la douane !!
Que faire ? L’Etat malien doit se ressaisir en assumant que les lois de la république doivent être respectées par tout le monde, à commencer par les Gouvernants. Ne sait-on pas ici que dans des pays champions en libéralisme des ministres démissionnent pour avoir « omis » de déclarer au fisc leur gardien ou leur « bonne ménagère » ? Il ne nous coûte rien, ne pouvant plus rien inventer, de copier ce qui se fait mieux ailleurs ! Faire en sorte que le timbre qui fait entrer beaucoup d’argent dans les caisses de l’Etat ne manque plus jamais. Idem pour la carte d’identité nationale, le permis de conduire, la carte grise, la carte de transport etc. A quand une administration performante, du 21è siècle, qui fait gagner du temps au citoyen et beaucoup d’argent à l’Etat pour le dédouanement transparent et efficace d’une voiture par exemple ? Il parait qu’en Guinée tout près, où apparemment l’Etat est plus en évanouissement et en évanescence qu’ici, le circuit se fait en moins d’une semaine. Pourquoi le monopole de la Plaque des véhicules continue-t-il dans un pays aussi libéral ? On dirait que l’Etat refuse de l’argent. Savez vous quel calvaire on vit quand on perd une de ses plaques de véhicule et qu’on veut la remplacer ?
L’Etat veut vraiment de l’argent ? Savez-vous combien on peine à trouver le ½ tarif des vignettes à partir de juillet ? Tout cela dénote de la carence de l’administration, quelquefois de la médiocrité des décideurs. Cela ne doit plus continuer.
Travaillons à l’avènement d’un Etat moderne.
Le libéralisme qui tue le Mali, l’Etat doit l’abandonner. L’exemple de l’Office du Niger est d’une évidence mortelle : pour un gouvernement qui se soucie du sort des paysans, la seule recette d’or, c’est de faire payer la redevance eau en riz produit par les riziculteurs, et à un prix rémunérateur. Au lieu de cela, l’Etat laisse les paysans moisir : ainsi, à la date fétiche du 31 décembre (date limite de paiement des redevances) le riz est bradé, à n’importe quel prix !
Une simple décision politique de l’Etat de faire payer la redevance en riz au prix de 225 à 250 F le kilogramme stabilise le revenu du paysan et est bien mieux que tous les discours démagogiques sur la lutte contre la pauvreté dans l’Office du Niger ! Hélas, il n’y a pas la volonté politique ! Les hommes ne se posent que des problèmes qu’ils peuvent résoudre et les révolutions sont les locomotives de l’histoire !
Bamako, le 28 octobre 2006 . Djiguiba Kéïta dit Ppr