Entre Nous 307

Publié le par lechallenger

 

 

 

Amadou, fils de Mama et de Toumani

 

Tolérant voire indulgent et ayant une foi profonde en l’homme, le président Amadou Toumani Touré s’est laissé trop envahir par des opportunistes mus seulement par leurs propres intérêts, au point d’apparaître comme leur otage. Or si lui-même n’a rien à se reprocher, tel n’est pas le cas de la plupart des cercles d’hommes et de femmes qui constellent autour du nectar  de Koulouba. Les connaît-il suffisamment, ces ‘’aromes maggi’’ qui ont assaisonné toutes les sauces? Il urge, pour son propre salut et celui de toute la nation malienne, une purge. Il n’a d’autre alternative que de laver, à grandes eaux, les écuries d’Augias.

 

Amadou, le fils de Mama et de Toumani Touré connaît, il faut le dire, une fin de mandat des plus difficiles. Rattrapé par les agissements d’un entourage hypocrite, malveillant et pas toujours honnête ? Le livre dénommé ‘’ATT-cratie’’ a dû lui tomber comme le ciel sur la tête. Car c’est certainement la dernière chose à laquelle il devait s’attendre, préoccupé qu’il était à la recherche de solutions à des problèmes telle que la gestion des Accords d’Alger.

 

Sympathique, presque doux, affable et d’une courtoisie avérée, un héritage familial peut on dire sans risque de se tromper, Amadou réunit en lui les qualités de Mama et Toumani, ses deux papas dont nous gardons de si beaux souvenirs pour avoir grandi à leurs pieds.

 

Ce n’était pas pour rien que, frères de sang et de lait, ils étaient aussi les meilleurs amis du monde. Ils se parlaient beaucoup, échangeaient énormément, et l’écoute mutuelle était pour eux la première des vertus. A la boutique, comme à la maison, en ville, comme au stade amoureux fous du foot qu’ils étaient, les deux hommes vivaient avec le monde, et aimaient leurs prochains, lesquels le leur rendaient avec la manière. 

 

Nous étions à l’école primaire et consacrions, à l’instar de générations d’enfants de ‘’Soud’baba’’, nos jeudis soirs à ‘’traquer’’ les touristes français ou allemands aux abords du Campement hôtel. Une chaude après-midi des années 70, au niveau de l’actuelle agence de Money Gram, à deux pas du ‘’Rond point central’’, un taxi fou, Dieu seul sait qu’il y en a toujours, percuta un de nos amis et le blessa à la tête, aux coudes et aux genoux. Il saignait abondamment de la bouche. Un tohu-bohu s’ensuivit. L’enfant se tordait de douleur sur la chaude chaussée. C’est alors que nous vîmes les deux frères, Mama et Toumani, jaillir de leur 404 noire, suivis de leur chauffeur. Le temps de demander ce qui s’était passé et les voilà qui passèrent aussitôt à l’action. Ensemble, ils soulevèrent le blessé, le mirent dans leur véhicule et le conduisirent à l’hôpital. Là, ils prirent tous les frais en charge et lorsque les parents du blessé arrivèrent, ce fut pour constater que les deux hommes s’étaient spontanément acquittés de ce devoir comme s’il s’agissait de leur propre enfant.

 

Il existe beaucoup d’anecdotes du genre qui attestent de la grandeur d’âme et de l’esprit de partage de ces deux messieurs. Est- il alors exact que le premier né de leur famille ait eu une enfance difficile ?

 

Car l’homme évolua à la même enseigne et dans les mêmes conditions que beaucoup de nos aînés de Soud’baba, à l’abri du besoin. Amadou Toumani, a eu cette éducation qui l’éloignait de l’argent et ses servitudes. Jamais, il n’a été mêlé à des affaires scabreuses. Force est de se convaincre alors que cet autre passage du livre ne restitue pas la vérité des faits.  Cet argument ne résiste pas non plus à une analyse sérieuse pour faire une relation entre ceci et cela, telle une romance.

 

Lorsque, ATT, qui était d’ailleurs prédestiné à de très hautes fonctions dans le pays de Mamadou Konaté et Modibo Kéïta, est arrivé au pouvoir le 26 mars, les Maliens ne pouvaient que l’applaudir.

 

C’est vrai que le pouvoir transforme, pervertit et avilit, mais Amadou a-t-il pour autant fondamentalement changé ?

 

Nous en doutons.  C’est vrai qu’il a vraiment du mal à se défaire de l’emprise des enchanteurs Merlins. Au nom d’un confus consensus qui n’aura arrangé que les pêcheurs en eaux troubles, ATT a eu tort de s’encombrer tous ces laudateurs, y compris les fripouilles qui prirent d’assaut le palais  de la république et la résidence privée de la Base B. Au nombre de ceux- ci, Le Sphinx qui, il faut le dire, ne lui pardonne aujourd’hui pas de l’avoir mis à l’écart pour ce qu’il sait lui-même.

 

De nos  derniers recoupements, qui confortent d’ailleurs la piste que nous suivons jusqu’ici, il apparaît plus clairement que cette histoire de livre n’est pas sans rapport avec le dernier changement à la tête de la Bhm , c’est-à-dire au mois de juin de cette année. L’auteur savait pourquoi il lui fallait réunir, comme il l’a fait à l’emporte-pièce, les éléments du livre pour être sous presse avant la rentrée des livres en France, c’est-à-dire au mois de septembre. Les moyens dont il dispose et ses fréquentations d’alors lui ont permis de relever le défi.

 

Il ne faut pas perdre de vue que, dans notre pays, lorsqu’on occupe un cert

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