Senghor ? Ce n’est pas juste !

Publié le par lechallenger

 

 

 

Senghor ?

 

Ce n’est pas juste !

 

L’un des chantres de la négritude, reconverti universaliste, Léopold Sédar Senghor  aurait eu 100 ans ce 9 octobre. Disparu le 11 octobre 2001, le poète président, qui a marqué l’histoire contemporaine de l’humanité et des lettres en particulier, serait-il déjà dans les placards de l’oubli? En tout cas, les interrogations taraudent les esprits dans notre pays au regard de la célébration du centenaire de l’illustre disparu : un non-événement au Sénégal où il aura été marqué tout au plus par un dépôt de fleur au cimetière catholique de Bel Air. Le pouvoir n’a pas daigné prendre part aux cérémonies de recueillement organisées dans le village natal de Senghor, Joal, devenu aujourd’hui une ville. Pas un seul représentant du pouvoir.

 

Premier président du Sénégal indépendant (1960 à 1981) a quitté volontairement le pouvoir pour le donner à Abdou Diouf. Inspirateur de la démocratie sénégalaise, l’enfant de Joal a donné une voie socialiste à l’Afrique.

 

Homme de lettres, grammairien, après avoir pris congé du pouvoir, il a siégé à l’Académie française où il apporta beaucoup à la langue de Molière. Les autorités françaises ont donné son nom à une passerelle qui enjambe la Seine à Paris devant l’ancien président du Sénégal, Abdou Diouf et le maire Bertrand de la Noé. Un signe de reconnaissance à un homme qui de son vivant a tout donné à la France.  Aujourd ’hui, plusieurs observateurs estiment que le Sénégal, l’un des rares pays africains à ne pas encore connaître de coup d’Etat, ne fait que suivre la voie tracée par Léopold Sédar Senghor.

 

Au Mali où beaucoup de dirigeants actuels ont étudié à l’école non sans fierté les oeuvres du célèbre président-poète, l’événement est aussi passé inaperçu. Comme c’est bizarre ! Les deux pays sont liés par tant de choses ! Ce n’est pas ATT qui nous démentirait, lui qui,  il  n’y a guère longtemps donnait le nom de Me Wade à une rue de Sikasso. On se rappelle aussi qu’il y a à peine quelques jours, l’un des dirigeants africains de triste réputation, Ahmed Sékou Touré, dont le nom s’identifie à ceux des camps Boiro et Alpha Yaya était fêté à Bamako avec une plus grande participation de nos autorités. Une fondation a été créée en son nom. Hum ! L’histoire bégaie.

 

Alhassane H Maïga

 

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