Djiguiba Kéïta Ppr, à propos de l’actuel bureau de l’Assemblée

Publié le par lechallenger

Djiguiba Kéïta Ppr, à propos de l’actuel bureau de l’Assemblée

 

Ceux qui excluent le Rpm jouent à fragiliser la «démocratie apaisée»

 

‘’Attention ! Faire la Ceni sans les partis qui composent le plus grand groupe parlementaire, faire le bureau de l’Assemblée nationale sans consulter le plus grand groupe parlementaire, qui plus est, se réclame de l’opposition parlementaire, c’est faire le lit de tous les dérapages, du coup, 2007 est en danger ! Dans cette contribution sur ce qu’il appelle ‘’la démocratie des tropiques’’ le Secrétaire à la communication du Parena s’indigne de l’exclusion du Rpm du bureau de l’Assemblée nationale. Pour Ppr, le doyen Abdoul Bah manque de sagesse et Assarid, partisan de la pensée unique !

 

Sous les tropiques, on aura tout vu !! Et dire que des gens sont choqués quand on dit que des pratiques de République bananière ont cours au Mali! Je ne parle même pas du tripatouillage du rapport du contrôle d’Etat contre le président du Parena où, du jour au lendemain, on se retrouve avec deux rapports : l’un blanc, l’autre noir, les deux signés du même Monsieur. Non !

 

Je veux parler de l’exclusion du Rpm du bureau de l’Assemblée nationale que d’aucuns, sans rire, disent conforme aux lois de la République. Or , que dit principalement le règlement intérieur de l’An en son article 11? Les députés doivent s’efforcer à ce que le bureau reflète la configuration du parlement ! La configuration de notre Assemblée, c’est un groupe Rpm-Rdt de 44 députés, soit le plus grand.

 

De l’opposition ou non, ce groupe ne peut pas ne pas être approché, consulté pour la mise en place du bureau. Une fois qu’on l’exclut d’office en 2006, ce qui était vrai l’année dernière tombe. Car au moins, en octobre 2005, l’on a pu dire: «Ils voulaient 4 postes, on leur en a offert deux, ils ont refusé, nous avons tout pris». Attendu que, cette année, même une implicite consultation n’a pas eu lieu, on ne s’est donc pas efforcé, contrairement à ce que dit le règlement intérieur, on a donc violé proprement la loi. Chers députés, le bureau de l’Assemblée nationale, ce n’est pas une question de majorité, c’est une question de configuration !

 

D’ailleurs, le Doyen Abdoul Bah confesse son comportement qui a manqué de sagesse : « J’accepte le reproche qui m’a été fait de n’avoir pas pris contact avec le président du groupe Rpm-Rdt, car je le regrette profondément. Mais ma démarche a obéi à une logique simple : le constat étant qu’aucun changement n’a eu lieu au sujet de la composition du bureau par rapport à l’année dernière, on ne pouvait rien faire de plus avec le groupe Rpm-Rdt».

 

Le Doyen a simplement oublié que vérité d’hier n’est pas forcément vérité d’aujourd’hui.

 

Quant à Assarid, il ne trouve rien d’autre à dire que «La politique, comme vous le savez, est un jeu d’intérêts». La formule m’a choqué, mais quand je me suis ressaisi, j’ai réalisé : ‘’tiens ! Ce n’est pas surprenant, ses premières armes politiques, il les doit à l’Udpm où « la démocratie » à l’intérieur du parti unique constitutionnel semblait être une révolution ! Comme sous la pensée unique du Mali d’aujourd’hui, on est en train de tenter à peu près cela, Assarid apparaît comme un grand professeur en la matière !’’.

 

Nous autres, on a appris et on pratique la Politique comme un ensemble d’idéaux nobles (dont l’éthique et la morale font partie) et d’ambitions que l’on a pour son pays et pour la réalisation desquels on cherche à conquérir et exercer le Pouvoir, en donnant l’exemple, par la loyauté, le patriotisme et le sens du partage !

 

Le Parena, parti de principe s’il en est, tout allié de l’Adema qu’il était en 2001, a refusé la compromission que lui a proposée son alliée consistant à occuper la place qui revenait de droit au Rpm (déjà !) En effet, en violation du même article11 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le Parena, qui ne disposait que de 6 députés (le 7è ayant fait la transhumance !) allait occuper les postes normalement dévolus au Rpm qui avait 37 députés ! Nous avons refusé, c’est un fait unique ! On a été alors exclu du bureau de l’Assemblée nationale !

 

Ce que l’An du Mali vit aujourd’hui ne se voit sous aucun ciel autre que de République bananière ! Ceux qui excluent le Rpm jouent à fragiliser la «démocratie apaisée» de notre chère patrie. Attention ! Faire la Ceni sans les partis qui composent le plus grand groupe parlementaire, faire le bureau de l’Assemblée nationale sans consulter le plus grand groupe parlementaire, qui plus est, se réclame de l’opposition parlementaire, c’est faire le lit de tous les dérapages, du coup, 2007 est en danger !

 

Que les destins s’accomplissent !

 

Bamako, le 07 Octobre 2006

 

Djiguiba Kéïta / Ppr
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