L’ADJ

Publié le par lechallenger

Après les accusations

 

L’ADJ en perte de vitesse

Les gouvernants maliens ont cette étonnante aptitude de gagner à l’usure leurs détracteurs les plus chevronnés qui finissent toujours par s’éreinter et jeter l’éponge. L’Association formée par les ‘’manifestants’’ serait-elle aussi en perte de vitesse ? A mesure que le temps passe, ceux qui se sont déclarés il y a peu rénovateurs de la démocratie à coups de tapages médiatiques semblent, eux aussi, avoir baissé les bras. Depuis leur conférence de presse, ils sont subitement devenus aphones. Comme s’ils avaient fini de débiter en un seul coup tout ce qu’ils avaient sur le coeur. A part la publication de la liste mise à jour avec les nouveaux signataires de leur fameux manifeste, c’est le  silence radio.

Les premières salves suscitées par leur sortie auraient-elles fait mouche? Dans ce cas, ils auraient bien  tort de jeter déjà le manche avant la cognée. Accusés d’incapacité à s’imposer dans leur propre formation politique d’origine, «les manifestants » n’ont pas intérêt à s’éclipser de sitôt à un moment où le débat démocratique doit faire rage. Et dans la mesure où la liste des adhérents au manifeste s’allonge.

Lors de la conférence de presse animée par les initiateurs du Manifeste, on se rappelle, des politiciens s’en étaient pris violemment au président de la république à qui, on reproche d’opérer sur le terrain politique par des manœuvres dilatoires à travers ses lieutenants. Selon eux, après le péché consistant à imposer son point de vue à toute la classe politique, c’est le temps du chantage exercé sur les cadres des partis : ‘’Soit tu milites à nos côtés, soit tu quittes ton poste’’.

A  ATT et ses amis, ses détracteurs reprochent de sacrifier le pluralisme politique sur l’autel d’un ‘’consensus mou’’, ‘’un unanimisme’’.

Pour eux, toute cette cacophonie est de permettre au locataire de Koulouba de rempiler à la tête du pays sans coup férir.

 Regroupés au sein de l’Adj, nombre d’entre eux s’érigent contre la gouvernance du général-président tout en déplorant l’absence de démocratie interne au sein des différents partis politiques dont ils sont issus.

Pas donc étonnant qu’à quelques encablures de l’élection présidentielle de 2007, des acteurs politiques pointent un doigt accusateur vers le Président de la république, à l’origine, disent-ils, de la discorde actuelle au sein de leurs formations respectives, divisées pour la plupart entre pro et anti-ATT. Pour eux, la main invisible d’Amadou Toumani Touré et, surtout, celle bien visible de ses fantassins ne sont pas étrangères à ce climat de guéguerre.

Pourtant, à ses détracteurs, ou du moins ceux qui lui ont paru tels, le président Amadou Toumani Touré a cru devoir faire une mise au point le 8 juin 2005.

 «Le consensus n’est pas une camisole de force» a-t-il déclaré, tonitruant, lors de son traditionnel point de presse. On connaît la suite.

Alhassane

H. Maïga

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