Mme Oumou Touré, secrétaire exécutive de la Cafo
‘’Nous avons été victimes de violence…’’
Secrétaire exécutive de
Que signifie pour vous la panafricaine des femmes?
Je pense que c’est une journée historique pour les femmes africaines qui se sont érigées contre le colonialisme et qui avaient démontré leur participation auprès des hommes en créant une organisation qui est d’ailleurs plus ancienne que l’Oua. En la prônant aujourd’hui, je pense que c’est une fierté et un symbole pour les femmes africaines.
Est-ce qu’on peut dire que cette lutte a un impact sur la femme d’aujourd’hui ?
Nous sommes certes le seul pays qui LA fête légalement et solennellement à travers une manifestation qui implique l’ensemble des femmes. L’impact est qu’en République du Mali, nous avons des journées officielles où nous pouvons parler de notre cause. Parmi ces journées, il y a le 8 mars et
On a constaté que les femmes maliennes étaient plus que jamais mobilisées pour ces élections législatives, mais au final, elles n’ont bénéficié que de la portion congrue, qu’est-ce qui ne va pas ?
Ce que les femmes n’ont même pas le droit de dire si quelque chose ne marche pas. Il y a des incohérences dans le système qu’il faut corriger. Il y a aussi le manque de maturité politique des femmes. Elles ne sont pas habituées à la compétition ouverte. Surtout une compétition dans laquelle elles vont à inégalité de chances. Quel que soit l’acte qu’on fera pour les femmes, s’il n’y a pas un acte financier, elles ne peuvent pas aller en compétition. Et vous avez vu lors de ces scrutins comment l’argent a remplacé les élections. Ce n’est plus des électeurs vraiment sensibilisés et informés qui exercent en toute autonomie leur citoyenneté. Mais des électeurs achetés dans leur âme, dans leur corps. Sans compter les pressions.
Pour ma part, je pense que, entre toutes les théories de bonne gouvernance et la réalité du terrain, il y a un fossé extraordinaire.
Il y a des pressions sur vous ?
Il y a beaucoup de pressions sur nous. Vous avez constaté avec nous ce qui s’est passé au cours de ces élections. Je pense que la presse n’est pas restée en dehors. Et je pense qu’on n’a pas dit que quelqu’un a tort. On a vu des choses qui jurent avec la morale et la démocratie. Nous avons été aussi victimes de violence pendant la campagne électorale.
Quels genres de violence ?
Vous savez que la violence verbale est pire que la violence physique. Et chaque fois que je pense à des violences verbales, ça me fait perdre la confiance en moi-même. Nous ne comprenons pas qu’on soit dans un pays de droit de l’homme et qu’on ne nous protège pas. Et quand on dit non, nous recueillons les mêmes formes de violences verbales, morales, éthiques.
Il me semble qu’on n’a pas le droit de dire que quelque chose ne va pas. L’un des droits fondamentaux c’est la liberté de s’exprimer, de participer, de donner son point de vue, tout ce que les femmes ont dit et écrit. Je pense que cette forme de violence nous défavorise.
Qu’est-ce que vous allez faire pour arrêter cette violence?
Nous n’avons pas perdu confiance en notre justice. Les femmes du Mali croient en la justice de leur pays. Nous allons utiliser cette force si nous ne sommes pas satisfaits dans le cadre démocratique. Le Mali est dans les normes.
Le Mali n’est pas un village isolé, le Mali a ratifié des conventions au niveau international et nous utiliserons ces voix de recours pour que les droits de la femme soient respectés.
Propos recueillis par Alhassane H Maïga et Ousmane Coulibaly