31 juillet, Journée panafricaine des femmes.
Les Maliennes réclament leur place dans la lutte contre la pauvreté !
La célébration cette année de
Le secrétariat général de l’Organisation panafricaine des femmes - Opf - a mis cette année l’accent sur le développement économique du continent africain en retenant comme thème: ‘’Paupérisation, quel développement économique pour l’Afrique : Défis et enjeux’’. En prenant en compte les préoccupations des Maliennes, notre pays a plus spécifiquement choisi ‘’le rôle et la place de la femme dans la lutte contre la pauvreté au Mali’’.
A travers ce thème, les femmes comptent amener la communauté à prendre conscience de la situation des femmes et à mieux percevoir leur rôle et place dans la lutte contre la pauvreté.
Aussi, veulent- elles amener les Etats à mettre en œuvre et à respecter les engagements internationaux pris en matière de respect des droits de la femme, notamment ses droits économiques et sociaux.
Au Mali, les femmes constituent plus de 51,2% de la population et contribuent énormément au développement économique de notre pays. Si elles représentent 60 à 80% de la main d’oeuvre agricole, elles dominent aussi dans les activités du secteur informel.
En milieu rural, elles jouent un rôle prépondérant dans la production des vivres. En milieu urbain, elles sont actives dans le secteur informel.
Dans le secteur formel en revanche, la disparité entre les hommes et les femmes est plus évidente.
Les effectifs du secteur privé ne comportent que 9% de femmes contre 91% d’hommes. Au niveau du secteur public, les femmes représentent 23,6% contre 79,4% d’hommes. Il a été constaté que l’analphabétisme influe fortement sur l’état de santé de la femme. L’analyse des différents indicateurs de morbidité et de mortalité indique une corrélation négative avec le niveau d’instruction des mères, surtout en milieu rural.
De façon générale, la situation des femmes, en matière d’éducation et de formation n’est pas satisfaisante. En 2002-2003, le taux brut de scolarisation était de 56, 4% pour les filles contre 77,9% pour les garçons, soit un écart de 21,5 %. Au second cycle, en 2005-2006, le taux est de 52,1% pour les garçons et 31,1% pour les filles.
En 2006-2007, les filles représentaient en moyenne 24,43% dans nos facultés et instituts.
Les différentes études menées par les institutions des différents secteurs de développement économique et social reconnaissent l’importance du rôle socio-économique et culturel des femmes dans l’économie nationale. Elles contribuent beaucoup à travers des activités de production, de conservation, de transformation, de promotion, d’échanges et de consommation. Pourtant, la contribution des femmes au produit intérieur brut reste méconnue. Elles ne bénéficient ni de prestation sociale, ni d’aucune forme de protection sociale. Dans la réalisation de sa politique de lutte contre la pauvreté, le gouvernement a élaboré et mis en œuvre le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. Les actions engagées par le gouvernement ne semblent pas avoir les effets escomptés permettant de réduire la précarité des conditions de vie des populations en général, et des femmes en particulier.
Chiaka Doumbia