Billet de Baba Dembélé
Le difficile consensus linguistique
Cet article qui paraît clair a souvent été l’objet de polémique entre élus. Le député Hawa Gassama de Yélimané, analphabète de son Etat, a régulièrement tenu à s’imposer devant le micro, à la barre de l’hémicycle, pour procéder à ses interpellations.
Ce qui lui a valu d’être très souvent interpellé sur sa position, car, la langue officielle, celle qui doit être exprimée au micro, face aux députés, c’est la langue française.
Or, son interprète est placé derrière lui, donc relégué au second plan de la communication. C’est sur ce point qu’il y a eu souvent débat à l’Assemblée. Qui, du député ou de l’interprète, devait se placer face au micro ?
Les élus ont finalement tranché : c’est l’interprète, puisqu’il prononce la langue officielle.
La frustration du député était visible. D’autant plus que sa base, ne comprenant pas non plus le ‘’touba…boucan’’ ne connaît de représentant que lui qu’ils ont élu, et non celui se trouvant au premier plan en train de ‘’chè chokobi’’. Heureusement que malgré ce dispositif, le bamanankan résonnait dans la salle, plus fort que le français.
Ce qui a contribué à frustrer, à leur tour, les députés collés à leur dire à l’esprit du règlement intérieur et qui ne veulent pas qu’une langue nationale s’impose à l’Assemblée nationale.
Difficile consensus linguistique Place de
Baba Dembélé