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Quelle barbe, ces Indépendants !
Le blason des partis politiques peut-il être redoré ? Mme Safi de la commune III a réalisé un bel exploit en damant le pion à Ibrahim Bomboté du Rpm et en mettant k.o Modibo Diallo de l’Adema - Pasj, Ibrahim Berthé du Cnid, Moussa Balla Diakité et les autres candidats.
Ces figures emblématiques de nos grandes formations éliminées par une ‘’pagneuse’’? De quoi révolter les esprits ‘’englués’’ dans nos coutumes ancestrales. D’autant plus que, sur la scène politique, elle reste une illustre inconnue. Certains l’assimilent même à un candidat indépendant, très proche du Mouvement citoyen.
En fait, la question ne doit pas se poser en terme de candidat indépendant tout court. Si Babani Sissoko, Hamadaou Sylla et Moussa Mara ont ébranlé l’édifice politique en s’imposant au premier tour, est-ce grâce à leur supposée grande capacité monétaire ? C’est là où les citoyens doivent se poser la question de la pérennité de notre démocratie, puisque les électeurs pourraient opter pour la résonance de l’argent et non pour l’argumentaire des partis qui, quoiqu’on puisse dire, ont failli à leur tâche.
Malheureusement pour Moussa Mara, ce n’est pas à lui de le dire, car il est en compétition électorale avec ces mêmes partis. L’observateur indépendant peut relever que la transhumance politique discrédite les partis. Elle donne l’image d’un homme politique qui ne suit que ses intérêts. De même, la défection des hommes politiques de leurs partis pour se constituer en indépendants est perçue dans l’opinion comme une trahison d’un homme qui ne suit que ses passions.
Pourquoi donc reprocherait-on à un électeur de suivre ses intérêts en votant pour le plus offrant en espèces sonnantes et trébuchantes ? Ce n’est que la réponse du berger à la bergère et la logique rétribution des rôles, chacun poursuivant à son tour ses dividendes.
Si les hommes politiques se sont ressaisis au second tour pour sauver les meubles, n’est-ce pas encore là un autre calcul pour préserver ces mêmes dividendes ? A la barbe de Moussa Mara qui a eu le malheur de leur servir de bouc émissaire. Pour les partis, tous les moyens sont devenus vraiment bons pour sauvegarder leurs intérêts même s’il faut s’accaparer du slogan ‘’ quelle barbe, ce Mara !’’
Djénéba Kéita,
« Les minorités doivent être représentées dans toutes les instances en France »
Peu après son élection au poste de députée suppléante à l’Assemblée française, nous avons contacté Djénéba Kéita. Cette militante du Parti de Rassemblement de Gauche (rattaché au PCF) qui a quitté son pays d’origine (le Mali) il y a 16 ans, fustige ‘’l’absurdité des lois sur l’immigration en France’’. Dans cet entretien –par téléphone et net, Jenny (pour les intimes) exprime le sens de son combat.
Le Challenger : Députée – suppléante au Palais-Bourbon. Quelle signification pour
Djénéba Kéita : Je suis animée par divers sentiments. D’abord, une grande joie, car c’est un honneur pour moi d’être la suppléante de Jean-Pierre Brard (député-maire de Montreuil). Ma fierté est d’autant plus grande que je suis, à ma connaissance, la seule Malienne suppléante de la nouvelle législature. Mais aussi, un sentiment de responsabilité. Parce que je dois me battre pour les Montreuillois et tout mettre en œuvre pour faire entendre leur voix au Palais- Bourbon.
Les atouts pour atteindre vos objectifs ?
Mon atout, c’est avant tout ma double culture qui me permet de puiser dans tout ce qui est positif dans l’éducation que j’ai reçue au Mali et les valeurs d’égalité et de fraternité de
Des dossiers urgents concernant vos frères et sœurs issus de l’immigration vous attendez certainement ?
Bien sûr ! Le projet de loi sur l’immigration qui va durcir les conditions du regroupement familial. C’est absurde. Il doit être abrogé. Le problème de l’immigration en France doit se traiter en tenant compte des droits de l’Homme et des enfants. C’est tout un arsenal mis en place pour cacher l’incapacité du gouvernement de Sarkozy à résoudre les problèmes sociaux de
Enfin, je me battrai pour que les relations Nord-Sud soient beaucoup plus honnêtes et pour le codéveloppement.
Etes-vous acceptée par les populations montreuilloises ? Parmi les « Français de souche » surtout, comme aime le rappeler J-M. Le Pen ?
Je suis réellement acceptée par la population de Montreuil. Car je suis une militante associative très active dans les quartiers. J’étais donc assez connue avant les élections.
Chez les politiques, peu importe que vous soyez issu de l’immigration. Ce qui compte, ce sont vos compétences, le combat pour vos convictions.
L’expression ‘’ Français de souche’’ ne veut plus rien dire. Car
Un bon Français de souche, c’est celui qui partage les valeurs de
Certes, il y aura toujours des gens, notamment de la mouvance extrême droite, qui n’accepteront pas. Cela ne devrait pas nous arrêter, quand nous avons des convictions. Je pense que la présence des minorités doit devenir normale dans toutes les instances de l’Etat français. C’est un gage pour l’avenir de nos jeunes. Ceux-ci doivent comprendre qu’ils sont des Français à part entière.
Qu’est ce qui a été déterminant pour la victoire ? Les proches ? La communauté des immigrés ? Votre formation politique ?
Ce qui a été déterminant, c’est la campagne de proximité dans les quartiers. La cohésion entre tous les partis politiques qui nous soutenaient. Aussi, nous avons associé les Montreuillois à l’élaboration de notre contrat de législature qui vise à maintenir les acquis sociaux.
Enfin, il faut reconnaître la participation active des jeunes. Sans entrer dans le communautarisme, je tiens à signaler que les Français issus de l’immigration africaine m’ont beaucoup soutenue. Car c’était pour eux une fierté de me voir sur les affiches partout et à
Sériba GNISSAMA