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Publié le par lechallenger

 

Tempête sur N’Golonina

 

L’Union pour la République et la Démocratie (Urd) connaît, elle aussi, ses moments difficiles - les plus pénibles s’entend. Un séisme de grande envergure n’est pas à exclure. Entre Soumaïla et Oumar Ibrahim, le temps n’est plus aux grandes amours. Pire, si l’on prête une oreille attentive aux échos nous parvenant du parti de la poignée de main, les deux personnalités se livrent  une guerre à fleurets mouchetés où, apparemment, tous les coups sont permis. Coup d’œil sur le rétroviseur !

 

Unis autour d’un même idéal, à savoir le soutien total des structures de la Ruche au choix issu de la Convention nationale, Soumaïla Cissé et Oumar Ibrahim Touré et ceux qui ont cru que c’était la meilleure option pour les abeilles finiront, aux termes d’un scrutin fort laborieux, par claquer les portes de Bamako – Coura pour N’golonina en créant une nouvelle entité politique : l’Urd. Profonde conviction pour un Mali uni et fort ou simple quête de prébendes ?

 

Ce qui est sûr, c’est que le nouveau parti né dans la douleur de ce que ses cadres considéraient comme une trahison de la part de leurs anciens camarades de l’Adema se retrouvera, curieusement aussi, derrière Amadou Toumani Touré pour une gestion consensuelle du pouvoir. De quoi accréditer la thèse du Pr Marimantia Diarra qui a défendu avec une constante conviction que le choix d’ATT était de loin le meilleur.

 

Un adage bamanan ne dit-il pas que la fiente de l’oiseau blanchit au fur et à mesure sous le soleil ? L’exercice du pouvoir aiguisant les appétits, le président d’honneur, élu à la tête de la Commission de l’Uemoa, et son fidèle lieutenant, verront différemment midi à leurs portes respectives. Contrarié par les accointances du ministre, devenu chef d’un clan au sein du parti, avec Koulouba, Soumaïla Cissé accablait en privé Oumar Ibrahim de tous les pêchés d’Israël. Il aurait vendu ou bradé le parti.

 

Manifestement, son échec à la présidentielle de 2002, lui restait comme une arête au fond de la gorge. Ambitionnait-il un remake en 2007 ? Soumaïla Cissé, on l’aura remarqué, tardera à proclamer un quelconque soutien aux actes posés par son rival ATT. A en croire certains de ses proches, Soumaïla Cissé s’est plié devant le fait accompli. Souffrant, au plus profond de lui-même, de la trahison de ceux qu’il a toujours considérés comme ses hommes - liges, il aura la sagesse de ne jamais manifester son état d’âme, attendant sans doute le bon moment pour mettre Oumar Ibrahim sous éteignoir. Exploit qu’il a réussi lors la présidentielle d’avril et dans son pré - carré, on jubile à l’idée que Soumaïla Cissé a coupé au bon moment l’herbe sous les pieds de Oumar Ibrahim Touré. Un match aller gagné, nous dit- on et Oumar n’a pas dit son dernier mot.

 

La présidentielle d’avril, qui a vu Soumaïla Cissé parcourir le pays dans les bagages d’ATT, a érigé le ring sur lequel les deux clans se regardant en chiens de faïence à l’Urd, sera épique.

 

Aujourd’hui, ironie du sort, Soumaïla Cissé, le président d’honneur de l’Urd et son ancien lieutenant, Oumar Ibrahim Touré, 2e vice-président du même parti, tout puissant ministre de l’Elevage et de la Pêche , sont partis pour un conflit de leadership qui risque de provoquer un tremblement de terre dans les jours ou mois à venir.

 

Apparemment, les intérêts en jeu sont énormes. Selon plusieurs sources concordantes, le soutien ou non aux actions du président ATT serait, nous pesons bien les mots, à l’origine de la rivalité actuelle entre les deux hommes, même si tout est fait pour étouffer la tension. Oumar Ibrahim file du mauvais coton, soutiennent fermement des cadres partisans du clan Cissé.

 

‘’Ce bras de fer risque de lui coûter cher, parce que le président Soumaïla Cissé a horreur de ceux qui font les grosses têtes’’.

 

Les législatives de juillet ont, en tout cas, levé un coin du voile, à travers la candidature de l’ancien PM d’Alpha et actuel président de l’Urd, Younoussi Touré, considéré comme l’homme du président Cissé. Cette candidature s’est opposée à celle du Maire de Soumpi, Mohamed Dofana, sans doute proche du clan du ministre Touré. Méconnu dans le bled pour n’y avoir presque pas mis les pieds ou réalisé quoi que ce soit, Younoussi compte miser sur le label Soumaïla pour se faire élire et venir à Bagadadji pour batailler et enlever le perchoir.

 

Sory Haïdara

 

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