5) MME MARIKO KOROTOUMOU THERA CANDIDATE

Publié le par lechallenger

‘’Les femmes ont été éliminées de façon extraordinaire en commune I ‘’

 

 

Mme Mariko Korotoumou Théra est une figure emblématique du mouvement associatif et politique de ces dernières années. En effet, membre fondateur de l’Aeem, celle qui fut secrétaire générale du lycée des filles 2 ans de suite et secrétaire générale de l’Ena, fait également partie du groupe qui a créé le mouvement politique Sadi devenu parti en 2002. Dont elle est la première secrétaire à l’organisation.

 

Par ailleurs porte-parole du cadre de concertation des femmes des partis politiques Mme Mariko nous a reçu, mardi dernier, au Ministère de la cultureoù elle est chargée de mission.

 

Etes-vous candidate aux élections législatives ?

 

Oui ! Je suis candidate.

 

Mercredi à 00 heure, c’est le deadline pour le dépôt des listes de candidature. Où en êtes-vous ?

 

Les négociations continuent. La grande majorité sera déposée aujourd’hui et demain.

 

Comment désignez-vous vos candidats ?

 

Selon nos textes, c’est la coordination du cercle qui, en concertation avec la base, propose les candidats. La décision est entérinée par la direction.

 

Votre mari, Oumar Mariko, est-il candidat ?

 

Les décisions ne sont pas encore tranchées. Je me suis moi-même proposée comme candidate en commune I mais, tant que les listes ne sont pas déposées, on ne peut être formel sur la question.

 

Quelles sont les alliances envisagées et les circonscriptions où vous désirez vous présenter seule ?

 

Pratiquement, Sadi n’a pas de liste propre dans aucune localité. Nous sommes en négociation       avec presque tous les partis politiques.

 

Comment jugez-vous les résultats du scrutin présidentiel ?

 

Je m’aligne derrière la position du parti. Nous avons pris acte des résultats. Il y a eu des irrégularités mais tant que nous ne détenons pas les preuves, ce n’est pas la peine d’insister.

 

Nous n’avons pas constaté la réaction de votre mari par rapport aux résultats. Il était absent à la Cour constitutionnelle le jour de la proclamation des résultas définitifs. Pourquoi ?

 

Je ne parle pas à la place de mon mari mais, en tant que responsable du bureau national. Il n’était pas à la proclamation définitive, parce qu’il était à l’intérieur du pays pour remercier les électeurs. J’ai été choisie pour le représenter. Je suis arrivé avec un léger retard. Les policiers avaient constitué leur barrière et exigeaient la carte d’invitation. Nous n’avions pas reçu de carte d’invitation.

 

C’est le ministre qui avait appelé au téléphone le chargé des élections pour nous demander de venir. J’ai erré pendant quelques minutes et ne pouvant accéder à la salle, je me suis retirée. Concernant le candidat, il a réagi. Il a fait une intervention à la radio expliquant la position de Sadi. Il a confirmé les irrégularités et signalé qu’on n’en détenait pas les preuves. Il ne faut pas porter plainte uniquement pour porter plainte.

 

Y a-t-il des candidates parmi les femmes du directoire du cadre de concertation ?

 

Oui ! La représentante du Fama, celle qui remplace habituellement la représentante du Cnid et moi-même sommes les candidates, mais, la majorité se situe au niveau du cadre de concertation. C’est pourquoi une formation destinée uniquement aux candidates du cadre de concertation commence ce vendredi.

 

Pensez-vous gagner aux législatives ?

 

Quand je m’engage dans une entreprise, c’est parce que je me dis, a priori, j’ai toutes les chances de mon côté. Je suis optimiste de nature et pas défaitiste.

 

Votre dernier mot ?       

 

Je parle en tant que porte-parole du directoire. Le directoire a fait un constat amer. Partout où des femmes se sont proposées pour être sur les listes de candidatures, dans la plupart des cas, elles ont été écartées, pour une raison ou une autre. Ces raisons dépendent des partis politiques. En commune I, un grand parti a éliminé de façon extraordinaire toutes les femmes qui se sont proposées.

 

Malheureusement, ce phénomène que nous avons décrié et que nous continuerons de décrier qui est une des raisons pour lesquelles je cherche à entrer à l’Assemblée nationale est de faire en sorte que certaines pratiques soient bannies à jamais. Par exemple, que l’on exige des candidates de payer 2 à 3 millions pour figurer sur les listes, ce n’est pas juste. Les femmes ne sont pas les plus nanties. Nous sommes majoritaires dans les partis politiques. Nous sommes celles sur qui  reposent les partis. Mais dès qu’il s’agit d’être sur les listes, on nous demande, comme à cette pauvre femme de Sikasso, de payer 2 millions.

 

Cette femme m’a appelé car elle pensait qu’on pouvait l’aider à payer sa caution. Elle avait jugé qu’elle pouvait gagner cette élection parce qu’elle avait beaucoup de chance. Nous n’avons pas d’argent. Nous l’avons expliqué à tous nos partenaires.

 

Notre souhait est d’avoir le maximum de femmes et d’hommes à l’Assemblée nationale qui comprennent que le Mali n’a rien à gagner dans ces pratiques. Les femmes ont des compétences qu’il ne faut pas ignorer. Les pesanteurs socio-économiques s’expliquaient dans le temps, aujourd’hui, elles ne se justifient pas. On ne manque pas de ruse pour éliminer les femmes.

 

Propos recueillis par Baba Dembélé

 

 

 

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