Dans lair du temps
Le Nigeria a investi son tout nouveau président. Un président civil succède à un civil, ce n’est pas courant dans ce grand pays de l’ouest africain, où l’on ne nous avait habitués qu’à des changements brutaux et violents. Umaru Yar’Adua, le frangin du général Shehu Moussa Yar’ Adua, hérite donc du fauteuil d’Obasanjo. C’était mardi dernier, à Abuja dans la capitale fédérale. L’investiture du nouveau président du ‘’géant du continent’’ a semble-t-il été boudée, en raison du nombre très restreint de chefs d’Etat présents à la cérémonie.
Qu’importe ! Sommes - nous tentés de dire. Les élections présidentielles ces derniers temps et sous tous les cieux, des Usa au Mali, en passant par le Sénégal,
Dans une petite semaine tout au plus, c’est notre pays qui, après le Sénégal, installera son président réélu. Une fête que le président voudrait sobre, modeste, en présence de quelques amis. Ce serait dans la salle ‘’Djéli baba’’ Sissoko du Centre International des Conférences.
Point de parades, le pagne à l’effigie du président, œuvre de méchants trafiquants, prêts à tout pour se faire les poches, a été retiré de la circulation et les auteurs devraient en principe méditer sur leur forfait dans la fournaise de Bamako – Coura. Ils n’ont vraiment pas eu de chance ! Dire que le business qui était censé rapporter gros se termine dans les couloirs de la maison d’arrêt !
Ils n’ont vraiment pas eu de chance, d’autant plus qu’avant cette investiture, et pendant la campagne, ils sont nombreux les opérateurs qui se sont faits les poches en imprimant pagnes et tricots à l’effigie de nos leaders politiques. Ça rapporte gros, nous dit-on. Pour n’avoir pas su s’arrêter à temps, ou anticipant imprudemment sans savoir si l’équipe de campagne allait dans ce sens, notre opérateur de la cité des balanzans et le commerçant en chef de
Dans l’air du temps, le pagne n’est assurément pas, et pour le bonheur des Maliens, le seul sujet qui fâche. De Golonina à Djicoroni, en passant par Sogoniko, Sabalibougou, Banconi- Djanguinabougou, Korofina, Hamdallaye – Diafarana, Lafiabougou-koda, Faladiè – Sokoro, Niamakoro, Sénou, Yirimadio, j’en passe, ce sont les prix du lait et du riz qui occupent le centre des conversations.
Autre secteur, autre problème : à Banankabougou, les populations menacent de prendre le scrutin en otage si les autorités ne regardent pas vers elles. Because ? Les ordures ménagères seraient sur le point de les chasser de leur demeure. Une décharge qui empestant leur air et polluant tout, est à l’origine de la colère.
Revenons au lait dont le prix nargue à présent les bourses, au grand dam surtout des Coulibaly et Kéïta, qui ont l’habitude de faire le petit café avec le quart de sachet de Mali-lait. Ils ont là une excellente raison de grogner lorsqu’on sait que l’organisme humain a normalement besoin de
Qu’allons nous faire ? Les autorités tétanisées par leur propre situation liée au bouleversement général attendu le 8 juin et jours suivants, ne bougent le petit doigt. N’est ce pas la bonne saison pour les revendeurs de céréales qui corsent chaque jour que Dieu fait le prix du ‘’Pani’’?
Dans l’air du temps politique national, la fonction de député brille de mille feux. Tout le monde veut se ceindre la taille avec le vert or et rouge.
Il paraît que ça rapporte gros et met à l’abri de surprises désagréables, lorsqu’on n’est pas très reglo et qu’à tout moment une invitation du juge peut tomber.
Sur le plan de l’éducation, le CEP, Baccalauréat et autres examens de nos enfants sont tombés dans les oubliettes en ce début du mois de juin. Deyssane, autre temps, autres mœurs
Sory Haïdara