entreNous Les fédérés bandent les muscles

Publié le par lechallenger

Le Front pour la démocratie et la république annonce les couleurs ou du moins l’air du temps qui pourrait régner pendant et les jours qui suivront le scrutin de dimanche. La contestation, la désobéissance civile ? On n’en sait pour l’instant pas grand-chose du fait de la langue de bois utilisée pour faire passer un message que personne n’a réussi à déchiffrer, pas en tout cas les journalistes présents hier au Centre international des Conférences. Pendant que ses capitaines visitaient le terrain de long en large, l’état-major des frontistes rencontrait la presse. Au centre du briefing mardi dernier, dans la salle bleue du Cicf: le fichier électoral, les cartes électorales qui se baladent dans le sud cotonnier, les initiales du président candidat sur son identifiant du bulletin électoral.

Autour de la table, Abdoul Traoré dit Diop, Président de l’Adj, vice-président du Front, Dr El Madani Diallo, Secrétaire général et principale cheville ouvrière du groupement de combat politique, Ppr, le porte-parole, Toumani Djimé Diallo, le Conseiller spécial du président du Rpm et aussi du Front. L’opinion nationale et internationale doit être tenue au courant de ce qui est en train de se dérouler mais aussi et, sans le dire ouvertement, des recours possibles du Front.

Pour le président Diop, le terrain est miné dans la perspective d’une parodie  d’élection. Chose que le Front n’acceptera pas et se donnera les moyens de le faire savoir. Il ne boycottera pas le Mali, selon les animateurs de la conférence ‘’n’est ni le Sénégal, ni le Nigeria…Les choses se feront à la Malienne ’’. Que dire d’un scrutin attendu dont les principaux acteurs sont tous des militaires ? Le candidat sortant, le ministre en charge de l’administration du territoire, le Dge, le responsable du fichier électoral. ‘’N’est-ce pas le lit d’un hold - up électoral ?’’, s’interroge le président Diop.

Y’aura- t-il élection le 29 avril ? Certainement, a laissé entendre le porte-parole du Fdr. Nous l’espérons du fond du cœur, même si les discours venant des deux camps ne convergent pas dans le même sens. Quand ATT, à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur du pays, exhorte les Maliens à sortir massivement pour enlever les cartes et que le gouvernement décrète des journées citoyennes chômées et payées pour la même cause, l’opposition, elle, recense les arguments d’une autre voix, celle qui tranche nettement avec  la volonté de tenir coûte que coûte le scrutin le jour indiqué, afin que le Mali élise son président. Qui a raison, qui a tort ? Ne pouvant boycotter pour ce qu’il sait, que va donc pouvoir faire le Front pour, comme elle n’arrête de le dire, faire partir le candidat ATT ? La voie des urnes, celle de la rue?

La peur - des jours difficiles - est perceptible. Après la marche historique de Maouloud, le Front  bande les muscles et dieu seul sait ce qui pourrait arriver. Des discours du genre ’’On ne nous volera pas notre victoire’’ ne viennent pas pour apaiser, encore moins pour rassurer, quant à la tenue d’un scrutin que nous souhaitons transparent, crédible et apaisé.

Par Sory Haïdara

 

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