Entre Nous 23 avril : le destin en marche
Le monde entier a les yeux rivés sur deux pays : ‘’Takokelen’’ ou ‘’Takapèren’’ ? On ne tardera pas à être édifié. Au regard de l’ampleur de la mobilisation en sa faveur en Côte d’Ivoire samedi dernier, on peut sans risque de se tromper déduire qu’ATT a engrangé des points précieux. De là à affirmer qu’il a pris une bonne longueur d’avance sur ses rivaux certains franchiront même le pas. Car, jusqu’à samedi dernier, il était le seul présidentiable à avoir foulé le sol africain de Côte d’Ivoire, où résident quelque 2 millions de nos compatriotes, dont 900.000 électeurs potentiels. Un poids non négligeable tout de même! Tous ne disposent, tout au plus, que de six petits jours pour atteindre le maximum de personnes, d’ici et d’ailleurs. Mais, tout cela reste tributaire, et c’est d’ailleurs le plus important, du taux des cartes enlevées. Une grosse épine dans les pieds de chacun et de tous. Nous voulons un président élu sur la base de la participation au scrutin de dimanche prochain, d’au moins 55% de l’ensemble des Maliens inscrits. Ce n’est pas trop demander dans un pays où la culture de la pratique démocratique intègre de plus en plus nos mœurs. Beaucoup d’observateurs, et sans doute les plus avertis, pensent que les Maliens sortiront massivement cette semaine même pour faire ce préalable à leur devoir citoyen : la pêche aux cartes. Le contraire, nous ne le souhaitons pas, équivaudra à élire ou réélire faiblement celui ou celle, d’entre les 8, qui conduira les destinées de notre pays au cours des cinq prochaines années. Parce que, les mauvais signaux interceptés inquiètent. A Bamako, le Premier ministre ne s’en était pas caché la semaine dernière et, samedi dernier, 21 avril 2007, c’est le candidat de l’Adp, Amadou Toumani Touré, qui faisait part de son inquiétude par rapport au très faible taux de retrait des cartes à seulement moins de 10 jours de la tenue du scrutin. C’était devant des milliers de Maliens réunis, dans la fournaise du Palais des Sports, à Treichville, à l’occasion de son meeting électoral. Sur les 900.000 électeurs inscrits sur les 2 millions de Maliens vivant en Côte d’Ivoire, seulement 3% s’étaient jusqu’à cette date acquittés de leur devoir de citoyen. Inquiétant non ? Parce que à se fier aux statistiques fournies des autorités ivoiriennes que nous avons interrogées sur place à Abidjan, les 2 millions de nos compatriotes vivant sur les bords de la lagune Ebrié, des Fromagers, de Mais, nous sommes aussi un peuple de sursaut et rien ne dit que nous ne sortirons massivement aujourd’hui, demain et jours suivants pour faire le plein. Si tant il est vrai, que chacun de nous, au plus profond de nous-mêmes et pour l’honneur et la stabilité de notre pays, travaille pour le succès de la fête. A dimanche donc ! P.S. En France, c’est déjà fait, même si au moment où nous bouclions la présente édition, rien n’était connu. Peut-être saura-t-on, aujourd’hui ou demain, les noms des deux qualifiés pour le second round. Mais, en ce qui nous concerne dans cette joute électorale pour la succession de ‘’l’ami Chirac’’, que ce soit Royal, Sarkozy, Bayrou, Villiers, Besancenot, Le Pen…ou Bové, ça ne change rien à la politique africaine de l’Elysée. C’est toujours la primauté des intérêts français. Par Sory Haïdara