Mawa Sidibé, étoile montante

Publié le par lechallenger

‘’Les pirates doivent être traités comme les trafiquants de drogue’’

 

‘’La piraterie, c’est comme la vente de drogue et la fabrication de faux billets. De la même manière, ces auteurs nuisent à la société. Comme ces derniers, ils constituent de véritables délinquants qu’il faudrait sévèrement réprimer.’’. Celle qui tient ces propos, Mawa Sidibé, ‘’Wassoulonka’’ bon teint, est en train de signer son entrée dans le riche univers de la musique malienne. Son tout premier album est sur le marché depuis seulement le jeudi 12 avril. Nous l’avons rencontrée. Elle nous parle de sa musique, de ses aspirations…

 

Qui est Mawa Sidibé ?

 

Je suis originaire du Wassoulou mais je suis née et j’ai grandi à ‘’Kolondiéba’’. Mon père, infirmier à la retraite, s’était installé là-bas pour raison de service.

Donc, vos parents ne sont pas des artistes?

 

Non ! Comme je vous l’ai dit, mon père était infirmier et ma mère faisait le petit commerce. Ils s’appellent Adama Sidibé et Kadia Diakité. Ils sont en vie et sont toujours installés là-bas.

Comment vous est donc venue l’idée de faire de la musique?

Je peux même dire que j’étais prédestinée à la musique. J’ai appris à chanter quand j’étais toute petite. A cette époque, à l’école, je me mettais chaque fois à fredonner des chansons dans la cour de récréation. Certains enseignants quittaient leur classe pour venir me regarder chanter, tellement, disent-ils, je chantais bien. Les soirs, en plein air au village, c’est moi qui chantais pour les autres enfants.

Comment en êtes vous arrivée à sortir votre propre cassette?

 

Après l’école primaire, je suis venue faire le second cycle à Bamako, précisément à Hamdallaye. Après le D.e.f (Diplôme d’études fondamentales), j’ai été orientée à l’I.n.a (Institut national des arts) où j’ai étudié l’art dramatique. De temps en temps, je jouais avec les étudiants qui apprenaient la musique.

Quand avez-vous donc nourri l’idée de sortir votre cassette?

 

Depuis que j’étais en première année à l’I.n.a, soutenue par un homme qui a décidé de m’aider. Il s’agit de Almamy Traoré qui est mon producteur. Il a son studio d’enregistrement à Banconi. Je suis à mon tout premier album, qui est sur le marché depuis le jeudi 12 avril dernier.

Quel en est le titre?

 

Le titre, c’est ‘’Sébéni’’. Je donne des conseils aux enfants qui ne respectent pas leurs parents.

Pouvez-vous dire aujourd’hui que la musique nourrit son homme?

 

Oui, s’il n’y avait pas les pirates pour nous gâcher la vie. Ils sont dangereux tels les trafiquants de drogue ou les fabricants de faux billets. Ils sont nuisibles aux artistes autant que ces derniers sont nuisibles à la société. De la manière dont les autorités prennent la peine de lutter contre ces fléaux, elles doivent lutter de cette même manière contre les pirates. A cause d’eux, certains artistes ne gagnent  pas le minimum pour vivre. Moi, personnellement, j’ai vu mes cassettes sur le marché avant même leur sortie. Certains vont à ‘’Top étoiles’’ rien que pour enregistrer nos chansons pour les vendre sur le marché, avant même la sortie de l’album. Pire, ceux qui se promènent avec les pousse - pousse les repiquent sur place et les vendent à 300FCFA.

Quelle est la solution?

 

La solution se trouve chez les autorités. Ce sont elles seules qui peuvent venir à bout des pirates. De la manière dont la police pourchasse à longueur de journée les vendeurs ambulants autour des rails, de cette même manière, elle peut pourchasser les vendeurs de cassettes piratées.

Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?

 

C’est d’aller de l’avant comme tout artiste et de pouvoir me faire un chemin dans la cour des Grands.

Certains artistes, une fois dans la cour des grands, oublient ceux qui les avaient aidés. Qu’est-ce que vous en pensez ?

 

Un artiste appartient à tout le monde, que vous soyez petits ou grands. Si vous vous comportez comme ça, il y aura un jour où vous aurez besoin de ces personnes et elles ne vous regarderont pas. C’est ce jour que vous comprendrez votre erreur.

A propos d’artistes…lequel préférez-vous au point de vouloir lui ressembler un jour?

 

Je n’ai pas de préférence. J’aime tous les artistes. Vous savez, la musique c’est comme une drogue. Vous avez envie d’écouter tous les artistes et c’est ce qui permet de vous corriger.

Votre mot pour finir ?

 

Je remercie le journal ‘’mœurs’’ pour ce qu’il fait pour les artistes. Je souhaite passer régulièrement à ‘’Top étoiles’’ pour être mieux connue.   

B. G

 

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