A cœur ouvert avec Dr Siriman Sissoko médecin de campagne

Publié le par lechallenger

Promoteur du cabinet médical ‘’La maison médicale’’ et de l’Ecole de Santé Koutiala - ESK- Dr Siriman Sissoko est de ceux qu’on appelle les médecins de campagne. Nous l’avons rencontré dans la capitale de l’or blanc. Il lève, ici, un coin de voile sur le secret de sa réussite.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

Je m’appelle Siriman Sissoko, j’ai 48 ans, je suis Docteur praticien en médecine humaine, je suis diplômé de l’Institut de médecine de Simféropol-En Crimée de l’ex-Union soviétique.

 

Au terme de votre cursus universitaire, où avez-vous fait vos premières armes ?

 

C’est à Leya -village frontalier avec la Mauritanie - dans la région de Kayes que j’ai commencé à exercer. Le village est situé en aval de la rivière Karakoro, affluent du fleuve Sénégal, à moins d’un kilomètre de la Mauritanie et à 150 km de Kayes.

 

Quand, l’idée de vous installer à votre compte, vous est-elle venue et pourquoi ?

 

Cela remonte à 1992, lorsque je travaillais dans le centre de santé communautaire de Leya, avec un traitement de 50 000 F CFA par mois. A cause des divergences avec le comité de gestion, j’ai préféré jeter l’éponge, en nourrissant l’idée d’être mon propre patron.

 

Peut-on savoir, ce qui vous a incité à jeter votre dévolu sur la commune urbaine de Koutiala ?

 

C’est le pur hasard, à défaut d’avoir pu louer un immeuble pour mon cabinet médical à Bamako, où le coût me revenait très cher, sur les conseils d’un ami, j’ai débarqué à Koutiala et bien m’en a pris.

Posséder un cabinet médical est loin d’être une sinécure et, cerise sur le gâteau, le projet de construction d’une école de formation sanitaire prend forme.

 

Par quelle alchimie êtes-vous parvenu à tirer votre épingle du jeu ?

 

Votre question est on ne peut plus pertinente. Au  départ, je me servais d’un échographe, qui a subi une panne irréversible. Ayant gagné la confiance du directeur de l’institution de micro finance ‘’kafo Jiginew’’, Alou Sidibé, qui a juré que je suis un ‘’bon risque’’, par trois fois, j’ai obtenu un emprunt de cinq briques que j’ai remboursés à terme échu. Alors, 80 briques m’ont été prêtés pour achever la construction d’une école ultra moderne. Pour ce qui est du cabinet médical, il fonctionne à merveille. Le hic, c’est qu’il faut payer le loyer chaque mois pour ledit cabinet.

 

La première promotion de l’Ecole de santé de Koutiala est sortie le 13 janvier dernier. 40 jours plus tard, l’école s’installe dans ses propres locaux. Quel sentiment éprouvez-vous ?

 

Beaucoup de joie car c’est un gain de 200 000 F, montant que je payais à titre de frais de loyer. L’école a plus d’espace, et pour couronner le tout, les poteaux des lampadaires passent par l’artère qui longe mon école, la nuit l’éclairage public est présent partout.

 

A quoi attribuez-vous le bon taux de réussite, 94,28% pour la première promotion, je crois savoir ?

 

C’est le fruit du dévouement et de l’abnégation du corps professoral, sans oublier le sérieux des élèves.

 

Vivre en autarcie est  ‘’contre-indiqué’’ de nos jours. Avez-vous réussi à nouer une relation de partenariat avec une école similaire, en Europe par exemple ?

 

En effet, il y a un échange de stagiaires et d’expérience entre notre école et celle de la Croix-Rouge d’Alençon.

 

Des projets, vous en avez en perspective ?

 

Bien sûr, nous comptons créer dans les années à venir le deuxième cycle des infirmiers d’Etat.

 

Quels sont vos loisirs ?

 

Je suis un accroc du cinéma et du foot. J’aime aussi beaucoup lire.

 

Mohamed  Koné   envoyé spécial

 

 

 

Publicité

Publié dans lechallenger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article