ATT, directeur de Campagne
Le crépuscule des crapules
Beaucoup de choses sont possibles dans le Mali, notre Mali. C’est le slogan qui revient sans cesse en leit motiv dans toutes les interventions du président sortant. Ce qu’il ne dit pas pour l’instant, et qui est prévisible, c’est que beaucoup de choses changeront également. Le Hamady de Mama et de Toumani, connu pour être très rusé, ne dévoile pour l’instant pas sa batterie. Un homme éprouvé par des années de dur labeur, et une bonne dose de déception. Déception de ce qu’il a entendu, vu et lu. Déception des coups reçus dans le dos et en pleine figure.
C’est sans doute pour tout ça et, certainement pour ne plus prêter le flanc ou donner l’occasion à qui que ce soit, qu’il s’est décidé à porter lui-même la casquette de directeur de sa propre campagne. Une innovation ? Dans notre pays, dans la plupart des pays de la région, ce n’est pas un fait banal, encore moins une attitude normale.
ATT, sans le crier sur les toits, souffrirait de ce qu’il a pu entendre, voir et enduré tout au long des cinq dernières années. Les départs de son gouvernement des ministres citoyens de la dimension de Lassana Traoré, Bassari Touré et Mahamane Khalil, réputés tous trois comme très proches et très puissants dans le voisinage présidentiel, et partant, la longue liste des scandales ou autres comportements peu responsables de certains dignitaires de son régime, ne sont absolument pas étrangers à cette volte-face du président sortant.
Un cinglant désaveu pour tous ceux qui n’arrêtent de s’agiter autour de sa personne, et sans doute, de tous ceux qui se sont servi de son nom, de son statut pour se servir royalement. Dieu seul sait comment. Tant pis pour les crapules, sommes nous tentés de dire ! La sanction infligée par le président sortant et candidat à sa propre succession, n’a échappé à personne. Bien au contraire, elle a redonné confiance.
Pour les analystes, le président Touré est décidé. En sollicitant de nouveau les suffrages de ses compatriotes, il s’inscrit dans une nouvelle dynamique, celle de repartir sur de nouvelles et bonnes dispositions, lesquelles ne vont pas sans une sincère et réelle conviction de remettre de l’ordre dans les affaires de la nation. Son message du Comité national de l’égal accès aux médias d’état de samedi dernier, en dit long sur ses intentions. Des raisons d’espérer.
Sory Haïdara