entreNous
Inexorablement, le 29 avril s’avance dans un climat d’incertitude, car jouent à se faire peur les deux bords d’un Mali politique désormais bipolarisé, selon que l’on soit avec ou non le prince du jour. L’ouverture officielle de la campagne permettrait aux uns et aux autres de se faire une religion sur la santé physique et morale des troupes en face.
Nous serions dans le domaine du ballon rond que les spécialistes parleraient de grand derby de l’année et ne se priveraient pas de pronostics. Tout comme lors d’un Stade - Djoliba des années 80, ou Guinée - Côte d’Ivoire. Le ‘’Takokélen contre le ‘’Takapèren’’. Une fois 90 minutes ? Non, deux fois 90, selon que l’on soit joueur, supporter ou simple membre de l’encadrement technique. Match de football, Championnat ou coupe nationale ?
Nous sommes - hélas ! - loin des stades de football, mais sur un terrain politique et l’enjeu est la coupe du Mali politique, c’est-à-dire le trophée menant droit le vainqueur au douillet fauteuil de Koulouba. L’arrivée des deux équipes (Adp et Fdr), au stade, les formalités d’usage dans les vestiaires, le mercure dans les gradins a déjà pris l’ascenseur. Les états-majors techniques sont en ébullition. Tantinets furtifs chez le voisin, bluff pour se donner une contenance, bref tous les moyens sont bons pour mettre les petits plats dans les grands.
L’heure est plus que jamais aussi aux petits et aux grands calculs. Tenez, au Sénégal par exemple le match s’est joué en une seule et unique partie, avec la victoire de Wade le sortant. Quid de
Le tableau qui s’offre à nos yeux est inédit : la plupart des ‘’amis’’ du président sortant, avant même de consulter leurs bases respectives, se sont engagés à soutenir celui qui n’est même pas candidat. A moins qu’il ne le fasse, comme l’on s’y attend, au terme de ses randonnées actuelles dans le pays profond, histoire de prendre la température au préalable. Si ATT n’a jusqu’ici pas pris le risque de se déclarer candidat, il mène déjà campagne avec les moyens de l’Etat aux yeux de ses adversaires d’en face.
Ce qui n’est pas juste. Et comme pour narguer l’opinion dont on fait apparemment fi de l’avis, on use et abuse de la télévision nationale pour toucher le plus de personnes à la fois avec des sons et des images.
Ce qui est de surcroît dangereux, c’est que cette corvée imposée à l’Ortm et à son département de tutelle pour couvrir les moindres faits et gestes d’un président de la république, devenu subitement hyperactif, et de tout ce qui est lié à l’institution présidentielle, les livrent injustement à la vindicte populaire
Les protestations fort nombreuses d’acteurs politiques et non des moindres le prouvent à suffisance. Une lettre ouverte a été même adressée au président de la république à cette fin.
Pire, la jeunesse Rpm a montré les dents comme quoi on pourrait s’attendre à des réactions épidermiques de sa part. Le message n’est pas tombé dans des oreilles de sourds puisque le Conseil islamique s’est subtilement saisi du dossier. Mieux vaut prévenir que guérir. A la grande communion hebdomadaire du vendredi, la ‘’ouma’’ malienne s’est montrée préoccupée quant à l’organisation et la tenue de scrutins transparents et réguliers.
Par Sory Haïdara