Entre Nous Le bal des cantharides

Publié le par lechallenger

Choguel Kokalla Maïga, l’inamovible ministre du Commerce et des Industries nommé en octobre  2002, qui traîne une sulfureuse réputation depuis la dernière crise céréalière est monté lui aussi, au créneau, pour fustiger Tiébilé Dramé. L’un des plus irréductibles adversaires - ce n’est ni Mountaga ni IBK qui nous contrediraient - devenu le plus farouche défenseur du Prince. C’est bien le monde à l’envers.

 

Dans la dernière parution de Ja (N° 2408 du 4 au 10 mars) un article intitulé  ’les Outsiders sur le même front ‘’ sous la plume de Chérif Ouazani, le tigre rugit en ces termes « le changement d’attitude du chef du Parena ne peut s’expliquer que par le fait qu’il est soupçonné de corruption. Il y’a un an à peine, en janvier 2006, il a participé à la réunion des partis politiques souhaitant constituer l’Adp. Non seulement Tiébilé a assisté à cette rencontre, mais c’est lui qui a rédigé les termes du protocole d’accord qui lie désormais quatorze partis politiques plus ou moins importants sur l’échiquier politique. Il a commencé à se détourner de l’Adp lorsqu’il a été convoqué par un juge’’. Lorsqu’on a la chance de sortir de terre deux châteaux dans une zone résidentielle comme à l’Aci de Baco-Djicoroni et de se taper une kyrielle de parcelles à usage d’habitation à Diatoula en si peu de temps, on ne peut que remercier celui qui a accepté de fermer les yeux sur les conditions de leur acquisition. D’ailleurs, Choguel est-il le seul dans cette posture dans laquelle il est beaucoup question de morale? Jeamille Bittar, le président de la Ccim épinglé lui aussi dans le récent rapport de la Casca ne vient-il pas de jouer sa partition ?

Que dire de ‘’Seydou criquets’’, secrétaire politique du CE Adema, curieusement promoteur d’une association de soutien en faveur des actions d’ATT?

Le Roi, dit une sagesse populaire que nous essayons de traduire de façon terre à terre, est plus fort que tout, sauf le péché qui, seul, peut le vaincre. Il importe que la population voie en ses dirigeants des qualités comme le sens de l’équité. L’opinion a du mal à comprendre, si elle n’est tout simplement déboussolée par ce phénomène qu’on pourrait désigner par ‘’le paradoxe ATT’’. Car tout se passe comme si notre président était irrésistiblement attiré par la compagnie de personnes à la compétence et à la moralité douteuses, au lieu des cadres qui constituent des valeurs sûres et des symboles dans le Mali actuel qu’ils ont notablement contribué à créer.

Ce n’est pas un Tiébilé que l’adversité amènera à accepter des compromissions, du genre qui se tissent par les temps qui courent. La soldatesque de Moussa Traoré, les bagnes mouroirs du grand nord n’ont fait que tremper comme de l’acier le caractère de cet homme de conviction en qui s’identifient des générations d’élèves et d’étudiants des années 80.

La triste réalité est que la plupart de ces grands griots du président sont cités ou convaincus de délits au détriment bien entendu de l’Etat malien. Comme quoi, le meilleur  moyen de se soustraire des griffes des juges du Mali passe par là : vociférer à pleins poumons le nom et les actions de Sambourou et de sa Koumbourou bien aimée. C’est plus une question de quête et de renforcement de couverture que l’expression d’une sincère sympathie. Beaucoup de bruits pour se sauver la tête ou se bourrer le ventre, dans les deux cas, c’est Sambourou le grand perdant.

Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit. C’est Gabriel Hanotaux qui le dit.  En ce moment-là, il était à mille lieux de penser que dans un pays de l’Afrique de l’Ouest, ‘’quasi bastion’’ de la démocratie pluraliste, on se donne toutes les libertés dans de futiles bruits. Pour le compte du chef, pour sa brillante réélection et dès le premier tour entendons nous, ça et là ! Le ‘’Takokelen’’. On ne se gène pas le moins du monde, et tout porte à croire que c’est dans la provocation qu’on excelle, avec en prime les moyens humains, matériels et financiers de l’Etat.

L’Etat, c’est la propriété du chef, qui détient pour l’instant l’essentiel des pouvoirs. C’est lui l’élu et c’est à lui seul qu’il revient le soin de rendre compte au peuple de ce qui a été fait et ce qui reste à faire. Pour bon nombre de Maliens, ATT

 

SORY HAIDARA

 

 

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