Conférence-débats ‘’Le multipartisme malien à la croisée des chemin’’

Publié le par lechallenger

 

Le Centre Djoliba a servi de cadre, samedi 10 mars 2007 à une conférence- débats animée par le Pr. Modibo Diakité, chercheur, ancien ministre, ancien membre du Ctsp sur le thème ‘’Le multipartisme malien à la croisée des chemins’’.

 

Selon le conférencier, cet espace précieux de libre expression offre à l’intelligentsia malienne l’occasion de s’exprimer sur les questions cruciales de la société. Ainsi, a-t-il laissé entendre, il n’y a pas de démocratie véritable sans multipartisme. Dans son exposé, il a fait l’historique du multipartisme dans notre pays de 1945 à nos jours. A en croire M. Diakité, le Mali a connu le multipartisme bien avant mars 1991 contrairement aux idées reçues. Le multipartisme est entré dans le champ politique soudanais et a continué jusqu’en 1968 avec la première République pour ensuite laisser place en 1969 au parti unique instauré sous le régime militaire.

L’histoire du Mali contemporain a pris un tournant brûlant avec les événements de mars 1991 marqués par une institutionnalisation du multipartisme par la constitution du 12 janvier 1992. Le conférencier pense que le 1er mandat du président Alpha Oumar Konaré a été le prolongement de la Transition politique car effectué dans un climat de malaise social.

Le pouvoir, instable, réagissait par des intimidations. Quant à la présidence d’ATT, elle se caractérise par l’absence de majorité au parlement, ce qui a favorisé le consensus autour du président. Mais il déplore le fait que ce consensus ne soit pas basé sur un accord entre les différents acteurs autour d’un programme.

Formation civique de militants

 

Pour que notre jeune démocratie puisse progresser, a dit M. Modibo Diakité, les partis politiques doivent renouer avec les idéaux de mars 91 comme le ‘’kokadiè’’et la formation civique et politique de leurs militants. Car en adoptant l’islam et le christianisme, nous avons rejeté certaines valeurs réelles de notre culture comme la fidélité aux origines, la détermination à faire face à la responsabilité et la crainte de la sauvegarde de notre image. Il s’est opposé à la prolifération anarchique des partis et au gaspillage de l’argent du contribuable malien avec le financement publique.

Il préconise alors la dissolution de tous les partis qui ne participent pas aux élections. «Il faut sortir du mimétisme institutionnel et moraliser les élections en les constituant sur des baromètres fiables et gérer le pays par des programmes» a-t-il dit. Aussi, conclut-il,   la finalité de notre civilisation, ce n’est pas la conquête de l’homme par l’homme ou de l’espace, mais la construction de l’homme lui-même.

*Stagiaire Ousmane Coulibaly*

 

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