SALIF KEITA AU PCR

Publié le par lechallenger

Le chanteur épouse  la politique

 

La constitution malienne garantit à chaque citoyen de ce pays la faculté de militer dans le parti de son choix. Cependant si l’expression légitime de cette liberté par un Malien suscite des commentaires, c’est la décision prise il y a peu par le musicien Salif Kéïta de porter désormais la casquette du Pcr. En attendant semble-t-il de porter les couleurs de cette formation politique car Domingo de la chanson lorgnerait du côté de l’hémicycle à Bagadadji, Place de la République.

 

Au Sénégal, le roi du mbalax, Youssou N’dour, au faîte de sa gloire au début des années 80, avait failli céder aux chants… des sirènes du Ps, alors au pouvoir. La récupération…‘’ça connaît les politiciens’’.

 

 Mal lui en prit car nombre de ses fans ont menacé de rompre définitivement avec lui idole si, patrimoine national qu’il était devenu, ne se ressaisissait. Youssou a finalement choisi la musique au détriment de la politique. Du coup, il a élargi le cadre de ses admirateurs qui ont fait de lui, aujourd’hui, le grand homme d’affaires qui a investi dans les média.   

Pour le très regretté Ali Farka Touré, ce fut le schéma contraire. Aux yeux de beaucoup de Maliens, la sollicitation par les habitants de Niafunké de celui qui a reçu deux fois le ‘’Grammy Awards’’ se justifiait comme la suite logique de son engagement entier et constant pour sa ville natale. Quid de Salif Kéita ? Que pourrait-il apporter au Pcr, les amis d’ATT qui se définissent comme la branche politique sortie des flancs d’un mouvement dit citoyen mais non politique par son engagement ? Quel impact le fait d’afficher une couleur politique pourrait–il avoir sur sa carrière d’homme de culture qui fait désormais partie du patrimoine l’inscription de son nom dans Le Petit Larousse 2006 ?

 Le temps apportera certainement la réponse à l’une et l’autre de ces questions.

Pour la première, ce sera à l’aune de sa légitimité prouvée par le nombre de ses concitoyens se reconnaissant dans son combat.  ou de ses idées au sein d’un parti qui n’a jusqu’ici pas su offrir, ne serait-ce que par un discours cohérent, une alternative crédible au comportement des autres partis politiques de la place et du Mouvement citoyen dont il s’est démarqué.

Pour la seconde, gageons que Salif sera suffisamment habile pour éviter de perdre ses plumes et…sa mélodie dans les joutes électorales.

Baba Dembélé

 

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