INFALSIFIABLES !

Publié le par lechallenger

La complicité est, à ce jour, parfaite entre la Ceni et la Dge. La Commission électorale nationale indépendante pêche dans les eaux de la Dge. Mardi dernier, au cours d’une rencontre avec la presse, le président de la Ceni et son vice-président se sont carrément approprié le discours de la Délégation générale aux élections. M. Fodié Touré s’est focalisé sur la sécurisation des cartes d’électeurs. Les 8 cadres micro lettrages, a-t-il dit, ne sont visibles qu’à la loupe où toute falsification et contrefaçon deviennent impossibles. M. Illias Touré a ajouté que la maison qui a confectionné les cartes est celle qui, d’ordinaire, élabore les cartes bancaires, les passeports et les documents importants en République française.

 

Comme Dupond et Dupont, le Directeur général adjoint de la Dge , M. Sina Théra, ‘’dira même plus’’ : les cartes d’électeur, fera-t-il remarquer, sont sous garde permanente, et, mieux car - tenez-vous bien ! – il y a aussi la vidéosurveillance. Il y avait, dans les uppercuts, pardon, dans les onomatopées techniques du genre : infalsifiables - micro lettrages invisibles et- que sais-je encore ? - de quoi mettre la presse K.O technique (ou K.O débout si l’on veut).

En tout cas, le tour était rondement bien joué. La preuve, au cours de sa rencontre avec les diplomates le vendredi d’après Fodié et ses hommes étaient tellement à l’aise pour égrener les caractéristiques techniques des cartes d’électeur censées être conformes au cahier des charges !  D’ailleurs, il ne reste plus qu’à les personnaliser et à les affecter aux différents bureaux de vote.

La transparence électorale en est-elle pour autant assurée ? Rien n’est moins sûr quoique ce soit de façon évasive que le président a évoqué la question du taux de participation. En fait, c’est là où demeure le nœud du problème et non l’infalsifiabilité des cartes d’électeur. Si les cartes ne sont pas distribuées, elles restent entre les mains de personnes qui peuvent en faire rétention, en faire des moyens de pression sur certains électeurs ou tout simplement marchander leur enlèvement.

Concernant le taux de participation, rappelons qu’en 2002, au premier tour de l’élection présidentielle, sur 5.746.202 électeurs inscrits, seulement 2.216.948 avaient voté. Au second tour, sur le même nombre d’inscrits, seulement 1.723.210 ont voté ramenant le taux à 29,99%. C’est ce casse-tête qui doit être réglé mais pas en particulier le caractère falsifiable de cartes dont les cadres micro lettrages doivent garantir l’impossibilité de toute contrefaçon. C’est une autre manière d’endormir les populations par la récitation d’une succession de mots à résonances techniques. Et puis, veut-on nous faire croire qu’il y aura dans chaque bureau de vote une loupe et un dispositif infrarouge ou laser pour contrôler l’authenticité de chaque carte d’électeur !

Baba Dembélé

 

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