Dr Mariko accuse

Publié le par lechallenger

ATT coupable…d’achat de conscience !

 

‘’Je crois que pour avoir le pouvoir, il faut être d’accord avec le peuple. Et pour avoir le peuple, il y a deux méthodes : soit acheter sa conscience comme Amadou Toumani Touré et les autres sont en train de le faire en ce moment, c’est-à-dire le tromper par le mensonge et la médiatisation forcée à outrance; soit être avec le peuple, partager ses joies et ses souffrances. Et c’est cette deuxième méthode que Sadi a choisie’’.

 

Investi candidat à la présidentielle à la faveur de la conférence nationale de son parti, le très bouillant Oumar Mariko compte constituer une troisième voie en face de l’Adp et du Fdr. Pour lui, c’est la meilleure façon de grimper à Koulouba. Il refuse d’appartenir à une alliance qui n’a que pour objectif de conquérir le pouvoir pour le pouvoir. Au siège de son parti, depuis la Cité des balanzans où nous l’avons rencontré, il affiche vraiment ses ambitions.

 

Bonsoir, Dr Mariko ! Et ce séjour politique à Ségou… ?

 

Le séjour politique à Ségou se passe très bien comme souhaité.

Pourquoi une conférence nationale à Ségou ?

 

Parce que le congrès qui s’est tenu à Koutiala a donné mandat au bureau national d’organiser une conférence nationale, car nous n’avons pas réussi à épuiser l’ordre du jour du congrès. C’est ainsi que le président du parti, Cheick Oumar Sissoko, a fait la proposition de tenir la conférence nationale à Ségou, afin de pouvoir aussi préparer le prochain congrès qui aura lieu dans trois ans dans la cité des balanzans.

Quelles sont les principales décisions prises à l’issue de la conférence nationale ?

 

La conférence nationale n’avait pas de décision à proprement parler à prendre. C’est juste pour faire exposer le projet de société du parti, exposer la plateforme politique du parti, parler du bilan de notre participation au gouvernement. Elle nous a surtout permis de désigner notre candidat - que je suis - à la présidentielle d’avril prochain.

 Vous êtes candidat et vous avez décidé de faire cavalier seul alors que plusieurs observateurs vous croient proche du Fdr ?

 

Nous n’avons pas été approchés par les différents regroupements, ni par l’Adp ni le Fdr. Mais pourquoi les gens ne pensent pas qu’on aurait pu être avec l’Adp ? C’est ce que je ne comprends pas.

Quand bien même on serait rapproché par ces deux regroupements, il n’est pas évident qu’on signe une quelconque plateforme, pour la simple raison que le parti a élaboré lui aussi sa propre plateforme et ce n’est pas notre première fois. Nous avons eu à élaborer une plateforme d’alliance qui a été ignorée par les partis politiques, même si elle a été acceptée du bout des lèvres par le gouvernement. Cette fois-ci, aussi, nous avons essayé de coller avec la réalité pour sortir une plateforme d’alliance conformément à notre ligne politique et conformément au combat que nous avons mené tout au long du processus démocratique. Donc, je ne vois pas pourquoi les gens essaient de nous classer dans les regroupements. Vous devez comprendre que Sadi n’a pas fait partie des regroupements comme l’Acc, Espoir 2002 et même le regroupement des non regroupés. Nous avons décidé d’être regroupés parmi les non regroupés. C ‘est plutôt cela la problématique.

On vous accuse très souvent d’être contre tout… 

 

On ne peut pas être contre tout. Si on est contre tout, ce qu’on est contre soi-même. Non, ceux qui nous accusent d’être contre tout sont eux, pour tout. Nous, on est pour des positionnements. Il faut que les gens aient la capacité de comprendre qu’il nous arrive de faire des compromis. Le parti Sadi est au gouvernement, ça veut dire qu’on est d’accord avec quelque chose. Mais, si être contre tout, c’est de faire prévaloir notre identité qui n’est pas respectée par les différents gouvernements, je pense qu’on est pour nos idéaux.

Est ce que vous comptez un jour adhérer à ces regroupements ?

 

Nous n’excluons rien du tout. Si nous avons réalisé une plateforme d’alliance, ça veut dire que nous sommes prêts à entrer en discussion avec les regroupements. Pour nous, ce n’est pas seulement les partis politiques qui comptent. On peut entrer en matière avec la société civile, les syndicats etc. pour pousser la problématique de la gestion du pays. Le fond de la question pour nous, c’est de savoir si une alliance peut faire avancer la cause de notre peuple, si une alliance peut permettre aux Maliens de manger à leur faim, de se soigner bien et de sortir l’école de la situation d’impasse où elle se trouve actuellement, retourner la terre aux paysans… Mais toute alliance qui consiste à se retrouver dans tel ou tel regroupement pour qu’on puisse avoir simplement le pouvoir, Sadi n’y figurera pas. Je crois que pour avoir le pouvoir, il faut être d’accord avec le peuple. Et pour avoir le peuple, il y a deux méthodes : Acheter sa conscience comme Amadou Toumani Touré et les autres sont en train de le faire en ce moment, le tromper par le mensonge et la médiatisation forcée à outrance, ou encore, être avec le peuple pour partager ses joies et ses souffrances. Et c’est cette deuxième méthode que Sadi a choisie.

Vous avez quand même des points communs avec le Fdr, Parce que le Fdr comme Sadi veulent tous réaliser l’alternance ?

 

Si je me présente à la présidentielle, c’est pour remplacer ATT. Mais, ce n’est pas pour que ATT quitte le pouvoir et qu’un quelconque parti du Frd le remplace. Donc, en réalité autant nous développons dans ces conditions des contradictions pour le pouvoir avec ATT, nous nous trouvons avec les mêmes contradictions de lutte pour le pouvoir avec les partis du Fdr. Nous nous battons pour dégager une troisième voie : celle des ouvriers, des paysans, des intellectuels qui aiment leur pays. C’est cette force populaire qui veut réaliser, la vraie alternance, parce que c’est elle qui arrive à poser le problème de l’alternative si bien que nous ne voyons pas ATT capable de réaliser ce que nous voulons. Nous ne voyons pas non plus le Frd capable de réaliser cette alternative.

Avec un ministre au gouvernement, vous ne vous sentez pas comptable des actes posés par le pouvoir ?

 

Nous ne sommes comptables de rien du tout. Les gens veulent nous créer un complexe par rapport à ça. En refusant d’aller au gouvernement, on allait nous considérer comme des gens incapables ayant le couteau entre les dents. Nous sommes comptables des actes posés par le ministre de la Culture. Mais , nous ne sommes pas comptables de la politique gouvernementale parce que, dès le début, nous avons dit qu’elle n’était pas bonne. Et nous avons été très clairs avec les autres en disant que nous n’acceptons pas la solidarité gouvernementale qui muselle notre peuple. Notre ministre a été victime de manque de solidarité gouvernementale lorsqu’il a enclenché la lutte contre la piraterie. Il n’a été soutenu ni par le ministre de la Justice encore moins par celui de l’Industrie ou encore celui de la Sécurité. Pas même par le président Amadou Toumani Touré.

 

 Entretien réalisé par Alhassane H. Maïga

 

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