‘’J’ai demandé aux partis politiques de voter IBK’’

Publié le par lechallenger

La corbeille du bêtisier sera pleine à craquer d’ici les élections, tant les animateurs de notre paysage politique sont féconds. A commencer par - A tout seigneur tout honneur- l’homme qui est en train de crever l’écran, avant même le déclenchement officiel des joutes proprement dites.

Ainsi, ATT, au fil des semaines et des sorties, multiplie les gaffes. Même là où la prudence devait être de mise. Surtout lorsqu’il se croit obligé de donner la réplique à ses adversaires politiques, ceux-là qui ont le culot de prétendre à son fauteuil. C’est semble-t-il grâce à lui que le président Ibrahim Boubacar Keïta a eu la présidence de l’Assemblée Nationale. Le président qui aime surtout parler aux gens qui ne comprennent rien dans la réalité politique du pays, parce que très loin de la capitale, a oublié que pour arriver à influencer les politiques de l’Adema et du Cnid par exemple, il avait, lui ATT, eu besoin du même IBK pour avoir raison de Soumaïla Cissé au second tour.

Sans le vote massif des tisserands et Espoir 2000 sous la houlette de leur président, les choses se seraient passées autrement. En définitive, il n’a fait que renvoyer l’ascenseur à celui qui lui avait quelques mois plus tôt permis de se retrouver à Koulouba et d’échapper à la meute.

 

‘’Des hommes crédibles, patriotes, compétents et qui aiment leur pays…’’

 

C’est ATT qui parle et il faut le dire          

 

La campagne pour le scrutin d’avril a commencé. Le chef de l’Etat n’arrête de voyager et de prendre des bains de foule. A Sikasso aussi bien qu’à Koutiala, il nous est revenu que le candidat à sa propre succession fait lui-même son lobbying. A croire qu’il ne croit pas beaucoup aux 33 partis politiques qui prétendent l’accompagner.

Pour le président candidat, le taux de participation doit augmenter et il ne veut pas entendre qu’il a été en deçà de 30 ou 35%. Mais lorsqu’il dit demander un taux à la dimension de notre démocratie, il ‘’ponguè’’, parce que notre démocratie recule et c’est aussi ce qu’il devait dire, mais…..

Des hommes crédibles, patriotes, compétents et qui aiment leur pays? Le général président s’adonnerait-il ici à ce qu’on appelle de l’auto- flagellation ? C’est en l’homme crédible qu’il incarnait en 2002 que des millions de Maliens ont fait confiance pour combattre la corruption, la pauvreté, les trafics d’influence …par une bonne gouvernance. Or, c’est précisément là où les Maliens ont à redire par rapport aux années ATT.  Alors dès que les villas à deux niveaux des exo de la disette venaient rappeler avec amertume les châteaux de la sécheresse de Kissima Doukara, le président s’est borné à dénoncer la magouille.

Du patriotisme, parlons-en ! Ce n’est, de toute évidence pas un mot, mais un comportement. Comment alors l’apprécier dès lors qu’on ne fait rien contre des opérateurs économiques qui, nantis des exonérations en céréales, affament les populations en pratiquant de la surenchère ou contre des ministres de la république qui se rendent coupables de délits d’initiés ?

Parler de la compétence, c’est tout débat à l’heure actuelle. Ce critère qui devrait prévaloir dans un pays plein de ressources humaines comme le Mali fait l’objet d’un mépris quasi souverain

Adema Pasj

 

Peut – on exclure Soumeylou et épargner El Madani  Diallo ?

 

La dernière Conférence nationale de l’Adema a décidé de la radiation pure et simple de son premier vice  président en la personne de Soumeylou Boubèye Maïga et quatre de ses fidèles lieutenants. Un choix dicté manifestement par la portée des enjeux et des intérêts en jeu. Seulement voilà, ils sont nombreux les militants du parti à s’interroger sur la politique des deux poids deux mesures appliquée à travers ces sanctions. Si pour avoir osé braver le président ATT, en se déclarant candidat, le parti a procédé à des radiations massives, pourquoi avoir alors épargné Mohamed El Madani Diallo, membre du Comité Exécutif, mais militant avéré et convaincu de l’Adj, fer de lance du groupe d’intellectuels décidés à chasser ATT de Koulouba ? Et qui, plus est considéré comme la cheville ouvrière du Front pour la démocratie et la république? A – t –il encore fait moins que Soumeylou, Kantao, El Mehdi, Issa Diarra, Binta Yattassaye ? Du fond de son bureau, El Madani doit sourire en promenant sa main sur sa tête. Bon puisque c’est l’Adema, ça peut se comprendre.

Sory Haidara
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