Souveraineté alimentaire

Publié le par lechallenger

‘’Les  organisations paysannes exigent un moratoire sur les APE’’

 

C’est l’une des recommandations formulées par les organisations paysannes, pêcheurs et pasteurs, peuples autochtones et autres membres des organisations de la société civile africaine lors du Forum sur la souveraineté alimentaire qui a pris fin  mardi dernier à Sélingué.

Plus de 500 délégués issus des organisations de paysans, de pêcheurs, de peuples autochtones, de peuples sans terre, d’éleveurs nomades ont échangé et partagé leur vision commune du 23 au 27 février dernier sur la question cruciale de la souveraineté alimentaire. Pendant  cinq jours au village Nyéléni à Sélingué, les participants par des multiples débats et échanges ont approfondi leur compréhension collective de la souveraineté alimentaire. Ils ont pris conscience de la réalité des luttes des  mouvements respectifs pour conserver leur autonomie et recouvrer leurs pouvoirs.

Dans une déclaration lue par Mme Jeanne Zoundjihekpon du Bénin, ils ont réaffirmé leur volonté de  bâtir un monde juste et équitable où tous les peuples puissent vivre dignement en obtenant une rémunération décente pour leur labeur. Ils ont dénoncé vigoureusement l’impérialisme, le néolibéralisme, le néocolonialisme et le patriarcat ainsi que tous les systèmes qui appauvrissent la vie, les ressources et les écosystèmes mais aussi leurs promoteurs, tels que les institutions financières internationales, l’Organisation mondiale du commerce, les accords de libre échange, les multinationales et les gouvernements ennemis des peuples.

Dans un mémorandum, ils ont dénoncé les règles actuelles du commerce international, les politiques libérales avec leurs conséquences. Aussi, elles exigent de nos Etats et de l’Union européenne un moratoire sur les APE en cours de négociation et la suspension des accords de pêche qui constituent une stratégie de pillage des ressources halieutiques.

Pour Ibrahim Coulibaly, ce forum a été aussi l’occasion pour les mouvements sociaux de discuter avec les pouvoirs politiques sur les recommandations issues de ce forum.

Ils ont dit

 

Saoudata Aboubacrine, Coordinatrice de l’association pour l’épanouissement des  femmes nomades

 

Je représente cette association qui s’active dans trois pays sahéliens, à savoir le Mali, le Burkina, le  Niger. On a perdu la souveraineté alimentaire depuis les années 1973 et la régression a commencé depuis la colonisation. On ne parle plus de la sécurité alimentaire à plus forte raison la souveraineté alimentaire. Il y a plusieurs aspects de la S A qu’il ne faut pas négliger. Le respect et la reconnaissance des droits humains, particulièrement des nomades et les autochtones. Le président a signé notre Déclaration, nous espérons qu’il la soutient au moins moralement. C’est dommage qu’elle ne passe pas au niveau de l’Union africaine. C’est une reconnaissance pour la prise en compte des droits de ces peuples autochtones. Si les résolutions de ce forum sont mises en œuvre, je suis optimiste quant à la souveraineté alimentaire.

Amadou Diop, Fédération des coopératives du sud (Usa)

 

Je suis d’origine sénégalaise. Je vis depuis des années aux Usa. Je représente ici au forum une Ong américaine qui s’appelle la Fédération des coopératives du sud qui comprend plus de  20 000 familles de fermiers et de propriétaires terriens d’agriculture. Nous saluons cette initiative d’organiser ce forum au Mali. Je pense que ce qui est important, on se retrouve dans un coin où l’on est directement connecté avec la population rurale. Nous promettons dans l’avenir la souveraineté alimentaire. C’est aussi pour établir des connections avec des ONG locales et des autres ONG et mouvements de fermiers qui sont sur les cinq continents représentés.  Je pense que le forum a été globalement un succès.  Je  trouve que c’est une opportunité réelle pour les participants venus des

 Cinq continents de se rencontrer. La plupart du temps, c’est difficile d’organiser un tel forum. Je pense que le challenge a été vaincu en organisant ce forum à Sélingué dans une zone totalement rurale où les structures d’accueil n’existaient pas. Je pense que c’est un succès du point de vue organisation mais également du point de vue participation. Mais aussi des dialogues qui se sont tenus ici sous le thème de la souveraineté alimentaire.

Mme  Fatim Diallo, association des pêcheurs résidant au Mali

 

On a beaucoup échangé. Notre souhait est que les décideurs politiques prennent en compte les recommandations issues de ce forum. Moi personnellement, j’étais très heureuse. Je fais beaucoup de rencontres. J’ai beaucoup plaidé pour mes pécheurs. Je me suis rendu compte que les problèmes sont des problèmes transversaux, les problèmes du Mali, du Pérou.  Quel que soit le continent, je me suis rendu compte que nous avons les mêmes problèmes. Et on peut partager les mêmes  idéaux et les mêmes solutions. Les solutions trouvées en Amérique latine peuvent être des solutions pour le Mali et vice versa. Je croyais que nous étions seuls à avoir des problèmes mais j’ai trouvé que d’autres en ont plus que nous. Mais ce sont des problèmes qui ont des dénominateurs communs, la pauvreté, la marginalisation, le partage du territoire.

Chiaka Doumbia

 

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