Remous dans le milieu scolaire Conférence-débats Les élèves manifestent leur soutien aux étudiants !
Par une sortie spontanée vendredi dernier, les élèves du secondaire et du fondamental ont-ils voulu manifester leur solidarité envers leurs aînés de l’enseignement supérieur dont les professeurs sont en grève depuis trois mois ? Nombreux sont les observateurs avertis du milieu scolaire qui se pose cette question.
Plus le gouvernement et le Syndicat national de l’enseignement supérieur tardent à trouver un terrain d’entente, plus les esprits se surchauffent, surtout dans le milieu estudiantin. Mais, ce sont les élèves du fondamental et du secondaire qui, semble-t-il, s’invitent au débat.
En effet, vendredi dernier, certains établissements de l’enseignement fondamental et secondaire du district de Bamako ont observé une grève. Va-t-on vers la généralisation de la crise dans le milieu scolaire ? A ce train, cela est certain, si l’on y prend garde. C’est le pire des scénarii à craindre pour le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga et son équipe. Dans le milieu scolaire, on apprend que cette grève n’est rien d’autre qu’une manifestation de solidarité des élèves envers les étudiants.
‘’On n’a rien compris. Les gens sont venus nous jeter des cailloux. Tout le monde est sorti dans la précipitation’’ souligne avec indignation Yaya, un élève de la 8ème au second cycle de Sébénicoro. Comme Yaya, beaucoup d’autres élèves ont été contraints de quitter les bancs pour aller à la maison sans connaître le motif réel de leur sortie. Si l’on prête une oreille attentive aux propos des uns et des autres, on se rend compte qu’ils sont nombreux à accuser le ministre de l’Education nationale.
On reproche au Pr Mamadou Lamine Traoré son apparente incompétence voire son indifférence dans la gestion de cette crise qui empêche les étudiants de suivre leurs cours depuis trois mois. Même l’implication personnelle du Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a permis de désamorcer la bombe posée par le Syndicat national de l’enseignement supérieur.
Il est vrai que le ministre de l’Education nationale, a montré toutes ses limites. Une bonne raison pour certains de ses détracteurs de tirer les conclusions de ces derniers événements en démissionnant du gouvernement. Il est aussi vrai que le salut de l’école malienne ne passe pas par l’évincement de ‘’Mala’’. Le premier ministre l’a courageusement reconnu «l’école a souffert par le fait de nous-mêmes Maliens et Maliennes ». Personne n’a intérêt à ce que cette crise se généralise à quelques mois de l’élection présidentielle. Or, la confiance se réduisant de plus en plus comme peau de chagrin entre le gouvernement et le Syndicat, il urge de faire appel aux chefs religieux chrétiens et musulmans.
Chiaka Doumbia