Deux mots de Monsieur météo
À quoi ce phénomène est-il dû? Quelles en sont les conséquences ? M. Almahadi S. Maïga, chef du centre météorologique principal de Bamako Sénou a bien voulu répondre à nos questions.
Comment expliquez-vous le phénomène climatique qui règne actuellement, en tout cas dans la capitale. Car depuis quelques jours, les Bamakois ont constaté une dégradation de l’atmosphère ambiante se manifestant par une sorte d’écran de poussière et de fumée
Almahady S. Maïga- La poussière aperçue en ville en fin de semaine dernière est due aux conditions locales créées par les hommes, les fumées des voitures etc. Et, ça se localise dans la ville. Car, en dehors de la ville, on n’a pas constaté ce phénomène…Sur le plan météorologiquement significatif, ce n’est pas du soulèvement de poussière‘’.
Ah, tiens donc ! Mais qu’est-ce qui devrait alors se passer pour qu’il en soit ainsi ?
Les soulèvements de poussière sont dus à un vent fort et troublant qui circule sur une surface nue, enlevant les débris et les transportant sur de longues distances. Sur le plan météorologique, ces soulèvements de poussière provoquent la réduction de la visibilité. Or, cette visibilité est un paramètre dont doivent tenir compte tout ceux qui voyagent, par transport aérien ou terrestre. En début Janvier 2007, il avait été constaté des situations de poussières étendues qui ont duré quelques jours. Mais, en ce moment précis, il n’y a pas de situation critique, météorologiquement parlant.
Nous suivons et surveillons les poussières de grandes étendues : telle cette vague de poussière qui était présente au Niger à l’Ouest du Mali, à la date du 25 décembre 2006. Elle est arrivée à Bamako le 31 décembre 2006 en passant par Ségou. Il y eu un autre cas à la date du 2 janvier 2007 : l’ensemble du territoire de l’Afrique occidentale jusqu’en Mauritanie était couvert de poussières.
En clair, pour nous résumer, les soulèvements de poussières que nous surveillons sont dus à un renforcement de vent. Lequel, à son tour, est dû à d’autres phénomènes météorologiques comme les basses et hautes pressions. Le vent ainsi renforcé soulève la poussière qui, déversée sur l’ensemble des zones, peut créer des réductions de visibilité. Et ces réductions de visibilité ont des impacts sur la circulation aérienne et le transport terrestre. A la date d’aujourd’hui 30 janvier 2007, il n’y a aucune poussière en terme météorologique selon les prévisions sur notre carte des données. Nous recevons des informations venant d’Afrique et d’Europe toutes les trois heures par jour.