Entre Nous
L’alternance est bien possible !
Le Mali, notre pays, connaîtra sa consultation présidentielle au mois d’avril 2007. Difficile de croire, contrairement aux fanfaronnades prédisant un ‘’takokelen’’, que le match ne se jouera pas jusqu’au bout, c’est à dire en deux rounds. Au regard de tout ce que l’on voit et entend, le moindre des vœux qu’on doive souhaiter pour notre ‘’Maliba’’, c’est que les acteurs, protagonistes aussi ben que comparses, sachent raison garder au bout du compte. Si tout est possible, tout devrait également se passer dans l’intérêt du Mali et de sa démocratie. Positivons donc !
Le pouvoir, quand bien même il est le maître d’œuvre de ces élections, ne devrait pas écarter l’éventualité d’un changement en sa défaveur. Mais cela veut dire qu’il aura opté de sortir par la grande porte en ayant comme seul souci l’organisation d’un scrutin clean. Les tisserands, à l’instar de leur candidat, Ibrahim Boubacar Kéita, croient en leur chance et entendent la jouer à fond. Leur avertissement est sans équivoque : ils empêcheront, par des moyens, démocratiques et autorisés on suppose, tout tripatouillage des résultats. A la transparence des opérations de vote, ils tiendront comme à la prunelle de leurs yeux. Dans son discours d’ouverture, IBK ne dit pas autre chose en rappelant ce qui est arrivé à Mopti, lors des dernières législatives partielles.
A l’instar du Rpm, les Maliens qui n’auraient retenu de la gouvernance ATT, que recul démocratique, mépris, déception…entendent aussi jouer leur partition. Les souffrances de ces dernières années ont fini par ouvrir les yeux et, à leur entendement, le ‘’Yèlèma’’, c’est-à-dire l’alternance à
Le mali d’aujourd’hui, c’est aussi la morale sociale qui fout le camp, le trafic d’influence qui prend le dessus sur la valeur intrinsèque, l’école qui se meurt, le travailleur honnête qui se voit condamné à raser le mur, la démocratie qui cède sa place si durement conquise à l’autocratie. La pensée unique rampe dangereusement sous nos pieds !
Au terme du meeting organisé par l’Adp le week-end dernier à Soud’baba, des laudateurs ont ‘’ponguè’’, c’est-à-dire clamé sans aucune gène que le président ATT est prophète chez lui. Soub’hana! Mohammad - Paix et Salut sur Lui !- n’a pas été prophète à Médine, son fief naturel. Il lui a fallu s’exiler à
Nous étions les premiers à espérer qu’il redresserait le tir, parce qu’il a la chance d’avoir une presse qui veille au grain. Mais comme on le dit à Soud’baba lorsque l’âne que vous montez décide de vous faire tomber, vous ne verriez même pas ses oreilles. ATT a laissé ses griots lui chanter des louanges qui sonnent faux. Les 5 dernières années ont-elles suffi aux Maliens pour se faire une opinion solide et sincère sur les capacités réelles du général président à gérer le pays avec équité et responsabilité ? Que le salut des millions de ses compatriotes passe par un changement démocratique n’est plus du domaine de l’impossible.
ATT, on ne sait par quel miracle, a réussi la prouesse de se mettre sur le dos la crème de notre landerneau politique au profit d’opportunistes de tous bords qui travaille à ne plus lui laisser une chance de rempiler. Au nombre de ceux-ci, le Parena, Convergence 2007,
Par Sory Haïdara