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Publié le par lechallenger

L’Etat face aux Privés

 

Les récentes performances de la Sotelma ont été rappelées par le Premier ministre, dans son discours, à l’occasion du nouvel an. Le nombre d’abonnés a été multiplié par 8 passant de 103000 à fin 2002 à 837000 au 31 décembre 2005. Cela a fait passer la densité téléphonique de 0,93 lignes pour 100 habitants en 2002 à 7 lignes pour 100 habitants en 2005…les tarifs de raccordement du réseau fixe de la Sotelma sont passés, au cours des 2 derniers mois, de 49875 F à 20040 F tandis que ceux des communications ont baissé de 266 F à142 F à la minute en national et 16% à 58% en international. Le constat est que cette période coïncide avec l’installation d’Ikatel devenue Orange.

Autrement dit, la concurrence a poussé la Sotelma à rendre la société plus performante. Faut-il, pour autant plaider pour la privatisation dont le spectre reste encore présent dans les esprits ? La délégation globale de gestion n’a pu résoudre l’équation Edm. Les restructurations ont souvent été accompagnées de pertes d’emplois. Pourtant, des exceptions demeurent. Les privés des télécommunications, les commerçants chinois et les multinationales du secteur minier sont arrivés à créer des emplois et à baisser les prix.

Dans certains pays de la sous-région, ce sont les populations qui se sont soulevées pour que les magasins des Chinois ne soient pas fermés. Le Mali a élaboré un code minier très attractif pour attirer les investisseurs. Ces sociétés, pour l’Etat, contribuent à la lutte contre la pauvreté. En fait, c’est parce qu’elles atténuent la misère que le gouvernement explique leur présence. En remplissant les devoirs régaliens de l’Etat, ces privés prouvent qu’elles l’ont remplacé dans sa mission capitale de pourvoir des emplois à la population et de réguler le marché afin que les prix ne flambent.

L’Etat a donc failli à sa tâche, ne serait-ce que dans la promotion de son secteur privé, du moins, dans des domaines limités mais combien essentiels. L’installation des privés étrangers n’est pas une fin en soi mais une contrainte si l’on ne tient pas à porter atteinte à la hausse du taux de croissance et aux équilibres financiers. C’est la loi du marché libéral. En réalité, ce type de marché est loin de lutter contre la pauvreté puisque les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus misérables. C’est la loi du serpent qui se mord la queue. A défaut d’alternative valable, on se plie à la décision du prince du jour.

Encore une fois, quel rôle jouent les partis politiques ?    

 

   Baba Dembélé

 

 

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