Gratuité des traitements du paludisme
L’Etat a-t-il mis la charrue avant le bœuf ?
Dans son discours de nouvel an, le président ATT a annoncé la gratuité du traitement du paludisme pour les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et les cas graves. Accueillie avec soulagement, cette mesure n’en manque pas pour autant de susciter des questions de la part des praticiens du secteur de la santé.
Dans les Cscom visités, les agents de santé nous ont signalé que l’évaluation et le suivi de cette gratuité restaient à préciser. Il convient, en premier lieu, de bien cibler la catégorie en question. Sur ce point, il n’est pas toujours facile de déterminer avec précision l’âge des enfants malades. Ils ne sont pas tous inscrits à l’état-civil. Au demeurant, certains peuvent être tentés de diminuer l’âge de leurs enfants pour bénéficier de la gratuité.
En outre, si l’Etat se fie aux statistiques qui établissent un pourcentage pour les catégories d’âge, il risque de se voir confronté à une réévaluation de son budget. Un médecin nous a fait savoir que certains cas de paludisme sont souvent accompagnés de maladies graves découvertes lors de la visite. Faut-il, alors, traiter gratuitement le paludisme et réclamer des honoraires pour les autres maladies graves ?
La question du diagnostic reste encore sans réponse précise. Fait -elle partie des mesures dont la gratuité est assurée ? S’il est indéniable que le président de
Baba Dembélé