ATT et 2007

Publié le par lechallenger

Entre Nous

 

Plus d’un mois après la plateforme des 14 fantassins du président ATT, on piaffe d’impatience au sein des partis signataires pour un hypothétique remaniement qui verrait, espèrent-ils, leur entrée massive au gouvernement. Une façon de se refaire une santé dans la perspective des grandes batailles.

ATT, entendons nous ça et là, sortirait les ministres des partis frondeurs, c’est-à-dire le Rpm et Sadi, et ceux dits de la société civile. On voyait ce gouvernement courant janvier. Toujours rien puisque ce mois, inexorablement, se réduit comme peau de chagrin. Pire, chaque sortie du président pour l’étranger en ajoute l’angoisse des uns et à la déception des autres. De quoi sera fait demain, s’interroge-t-on dans les milieux concernés.

Autre interrogation de taille dont la réponse est sans nulle doute la plus attendue : à quand la manne pour la campagne et qui jouera le rôle moteur ? L’Adp, le MC, ou la C.C .S. ATT (Coordination des clubs de soutien à ATT) ?

Toujours est-il que la grogne continue de monter au sein de grosses cylindrées du landerneau politique malien. C’est le cas notamment à l’Adema, à l’Urd, et au Mpr. Dans chacune de ces formations, le soutien au président continue d’être la pomme de discorde. Qui grogne ? Ce sont,  le plus souvent, des cadres et militants qui pointent des doigts accusateurs contre leurs dirigeants soupçonnés de sacrifier le parti sur l’autel de leurs seuls intérêts. On comprend dès lors pourquoi c’est dans le lot des mécontents de la ruche que Soumeylou B. Maïga recruterait l’essentiel de sa troupe.

Dans les camps des citoyens et des clubs dits de soutien, ce n’est pas non plus la sérénité. Des voix se lèveraient de plus en plus pour dénoncer le climat malsain dans la ruche (partisans et adversaires des Soumeylou). Ce qui, à leurs yeux, ne présagerait rien de bon. Car ATT-ce qui n’est pas tellement faux - n’a pas besoin de ces querelles de chapelles.

Un alibi pour écarter les abeilles de la gestion des affaires ou pressentiment de lendemains difficiles ? Ils n’auraient tout à fait pas très tort avec tout ce qui se passe ces derniers temps. Le président ATT, on ne le dira jamais assez, traverse une passe difficile. Il fait face à deux fronts ouverts et en totale ébullition, l’opposition démocratique qui s’organise autour du Rpm, et le directeur de la maison d’édition ‘’L’harmattan’’, Pryen Denis Bernard Désiré, qui menace de ne plus le laisser respirer. Il promet de faire des révélations sur ce qu’il croit être une mauvaise gouvernance, allant jusqu’à s’accorder la liberté de demander une nouvelle gouvernance.

Une atmosphère de fin de mandat aux antipodes de celle qui prévalait à son arrivée en fanfare en 2002. Le président, pour beaucoup de Maliens, a plus joué sur le charisme né du capital de sympathie engrangé en 92 que sur le réalisme et le pragmatisme, réflexe  de tout chef d’Etat soucieux de son image et de sa personnalité. S’agrippant désespérément à ce que ses amis qualifient de bilan élogieux, le président Amadou Toumani donne  l’impression de quelqu’un qui serait passé à côté de l’essentiel.

Et l’essentiel, aux yeux de ses compatriotes, c’est la lutte contre  la corruption, contre toutes les pratiques malsaines dénoncées à cor et à cris par ses compatriotes, l’instauration de l’autorité de l’Etat qui lui aurait fait faire l’économie de cette gestion hasardeuse et frustrante de la crise de Kidal.

Pour n’avoir pas su anticiper  et rebondir, ATT a fait des déçus et des frustrés, lesquels l’attendront au tournant, c’est-à-dire le 29 avril 2007. Mais, il est vrai que le Mali est un peuple à part.

Par Sory Haïdara

 

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