Entre Nous Défis et enjeux
Pour le premier responsable de L’Harmattan, le procès intenté par Saïdi, le Pdg du groupe Sicg, pour diffamation, n’est en réalité qu’une couverture, celle du président ATT. Il dit être en possession d’informations très compromettantes pour la gouvernance au Mali et menace de les déballer. Mieux, il défie le président et ses amis arguant qu’en 35 ans d’existence, sa maison, c’est à dire, L’Harmattan, n’a jamais perdu un seul procès. De simples épouvantails qui n’effrayeraient même pas des moineaux ou de réelles menaces à prendre au sérieux ? Nous ne tarderons pas à être édifiés !
En attendant, comme annoncé dans notre chronique de jeudi dernier, la campagne présidentielle n’a attendu ni février ni mars pour se déclencher. D’abord -A tout seigneur tout honneur – dans le camp ‘’citoyen’’, à travers meetings et rencontres des associations soutenant la candidature du président sortant, on s’arrange comme on peut à faire multiplier les appels dans ce sens.
Ensuite les ‘’amis politiques’’ d’ATT. Toutes les occasions sont bonnes pour mettre en exergue leurs activités et leur sport favori qui consiste à se référer aux réalisations de celui-ci au cours de ce premier mandat. Presque dans le même laps de temps, des partis organisent leur congrès pour faire légitimer leur décision de soutenir la candidature d’ATT, conscients que la charrue avait été mise avant les bœufs avec la signature de la plateforme de l’Adp. Il paraît que pour eux, il n’y a aucun doute quant au ‘’ takokelen’’
Le président ATT se laisserait-il endormir par de telles promesses que le réveil risque d’être brutal, les réalités de cette année électorale étant aux antipodes de celles qu’elles étaient en 2002. Même ATT de 2002 est différent de celui de 2002 aux yeux de nombreux de ses compatriotes, déçus de la distorsion entre les promesses électorales et les résultats nettement en deçà des attentes. Ils l’ont jugé à travers ses aptitudes à réconcilier les cœurs et les esprits, ses actes posés dans la lutte contre la pauvreté, les maladies, la corruption, le népotisme, les trafics d’influence.
Et l’école ? En dépit de tout ce que le président sortant croit avoir déployé comme effort, celle-ci n’a jamais été autant malade : malade des choix douteux, malade des atermoiements et frustrations. Qui peut dire avec précision où sont les étudiants en ce mois de janvier? À l’école ou dans les rues à l’ombre des manguiers sirotant les trois normaux du thé ‘’Azawad’’ ?
Quid du grand nord ? Il vit sa situation de ni paix ni guerre pendant que dans le discours officiel, on tente laborieusement de justifier la forfaiture dans une mauvaise littérature sur la paix.
Le monde des travailleurs brandit une nouvelle menace de grève. Réaction épidermique à la maladroite tentative de récupération du fruit de ses luttes comme cadeau de nouvel an du roi qui a toujours raison face à ses sujets?
Et puis, dans une opinion couramment répandue, on se demande qui a eu cette malencontreuse idée de faire tant de tapages autour du Millenium challenge, du 10è Fed et autres aides à notre pays? Primes de bonne gouvernance ou primes d’indigences à notre pays ? La réalité est là, bien cruelle, à moins qu’on ne veuille faire la politique de l’Autriche, et tout débat s’avère du coup, ridicule.
Pour le front du refus du statu quo - si l’on peut l’appeler ainsi, ATT a échoué et n’a droit à aucun sursis. ATT a désormais en face de lui, IBK - investi probablement ce 28 janvier, Tiébilé - au retour des missionnaires du parti à l’intérieur du pays, le Collectif des militants de l’Adema, qui ne reconnaît pas sa candidature et qui appelle à un congrès extraordinaire, Mamadou Bakary Blaise Sangaré et sa Cds, fortement implantée en 3e région, Convergence 2007 de Soumeylou et l’Adj, mais aussi ‘’L’Harmattan’’, puisque ‘’Le Sphinx’’ à nos yeux a cessé d’exister depuis la sortie au vitriol de Pryen Denis Bernard Désiré, le directeur général de la maison d’édition. Ça fait énormément de défis et d’enjeux, tout ça. Que dieu sauve les …des nageurs !
Par Sory Haïdara